Le musée KIJAIN Art Contemporain présente depuis le samedi 24 janvier 2026 une exposition personnelle de l’artiste togolais Kossi Assou. Intitulée Mes Obsessions, cette manifestation réunit trois décennies de travaux qui explorent la mémoire et l’identité africaine.
L’artiste n’a pas choisi la voie de la simple présentation chronologique. Il propose plutôt une navigation entre les strates du souvenir, où chaque œuvre devient un fragment d’un récit plus vaste. Le temps s’y déploie sans ordre linéaire, créant des échos entre les périodes.

Les matériaux choisis par Kossi Assou portent en eux une dimension narrative. Le bois, le métal ferreux, le textile et le jute deviennent les témoins d’une histoire collective. Ces éléments, loin d’être de simples outils, se chargent de significations multiples sous les mains de l’artiste. Ils racontent l’usure, la transformation et la résilience.
Dans les différentes salles, les visiteurs découvrent des pièces qui semblent extraites d’un passé lointain. Les surfaces travaillées révèlent des textures variées, tantôt douces, tantôt abrasives. Le métal capte et renvoie la lumière selon des angles changeants. Les assemblages évoquent des structures anciennes dont on aurait perdu la fonction première.
« Les œuvres sont comme des objets retrouvés après une fouille archéologique. Elles nous enseignent, nous transmettent, nous rappellent d’où nous venons », explique l’artiste lors du vernissage.
Le musée KIJAIN, dont le nom signifie vestibule en langue kabyè, a ouvert ses portes en août 2024 à l’initiative de Bamazi Tallé. Cette institution s’est rapidement positionnée comme un lieu central pour la création contemporaine au Togo. L’espace favorise les échanges entre artistes de différentes générations et encourage la réflexion sur les pratiques actuelles.

Le parcours de Kossi Assou dépasse les frontières togolaises. Présent lors de rendez-vous internationaux tels que Dak’Art, le SIAO ou Transcultural Port-au-Prince, il développe une réflexion sur les représentations de l’Afrique dans l’art mondial. Son approche questionne les récits dominants et propose d’autres grilles de lecture.
Ses créations abordent des thématiques sensibles liées au passé colonial, aux espaces urbains défavorisés et aux pratiques spirituelles longtemps dénigrées. L’artiste ne cherche pas à illustrer ces sujets de manière frontale. Il les intègre dans un langage visuel qui laisse place à l’interprétation.
L’exposition reste accessible au public jusqu’au 8 février 2026. Elle invite à une expérience où le regard se fait attentif aux détails, aux correspondances entre les œuvres et aux résonances qu’elles suscitent. Chaque visiteur y tracera son propre chemin entre les installations, les sculptures et les assemblages présentés.
Le travail de Kossi Assou se situe à la croisée de plusieurs disciplines. Artiste plasticien, il est également impliqué dans la transmission des savoirs et dans la promotion de la culture. Cette multiplicité d’engagements nourrit sa pratique artistique et lui donne une profondeur particulière.
Au musée KIJAIN, les matériaux semblent prendre vie sous l’éclairage soigneusement étudié. Les volumes occupent l’espace avec une présence qui suscite la contemplation. Le public peut circuler librement, s’approcher des œuvres et prendre le temps nécessaire pour saisir les nuances du propos artistique.
Mes Obsessions témoigne d’une recherche constante sur les formes, les techniques et les significations. L’exposition montre un artiste qui creuse inlassablement les mêmes questions tout en renouvelant sans cesse ses réponses plastiques.
@IKA
