Les habitants de Moritan, une localité de la préfecture de l’Est-Mono, sont sous le choc après une vague de violence et de destruction sans précédent survenue dimanche 25 janvier 2026. Des agriculteurs, mécontents des dégâts causés par le bétail des éleveurs peulhs, ont pris la loi en main, saccageant les maisons, motos et mosquée, violentant les enfants des éleveurs. Des faits qui, malheureusement, ne sont pas isolés, mais qui cette fois-ci ont pris une ampleur inquiétante.

Les éleveurs, qui s’estiment victimes d’une injustice, avaient pourtant suivi la procédure normale en portant plainte à la gendarmerie. Mais face à l’inaction des forces de l’ordre, ils se sont tournés vers les autorités locales qui les ont de façon inquiétante renvoyés s’en prendre à eux, estimant qu’ils sont responsables de ce qui les est arrivé à partir du moment où leur bétail a causé des dégâts dans les champs. Une attitude qui a été perçue comme une incitation à l’auto-justice. Ce qui exacerbe les tensions et freine les efforts déployés par le gouvernement pour la cohésion sociale.

Les éleveurs peulhs de Moritan, qui sont pourtant des citoyens togolais à part entière, avec des cartes d’électeur et qui contribuent au développement de l’économie nationale, demandent justice et protection. Ils estiment que les autorités ont une responsabilité dans la protection de la cohésion sociale et qu’il est temps que le ministre de la sécurité et les hautes autorités du pays prennent l’affaire au sérieux.

Nous appelons les autorités à agir rapidement pour mettre fin à cette spirale de violence et à garantir la sécurité et la justice pour tous les citoyens, quelle que soit leur origine ou leur profession. La cohabitation pacifique entre les communautés est en jeu, et il est temps que les responsables prennent leurs responsabilités pour préserver la paix sociale au Togo.
