Le Conseil des ministres a examiné le jeudi 19 février les avancées réalisées dans l’accès des populations aux services financiers formels. La ministre du Développement à la base et de l’Économie sociale et solidaire a présenté une communication sur l’évolution de la situation de l’inclusion financière au pays. Les résultats dépassent les objectifs fixés par la Stratégie nationale adoptée en décembre 2021.
Le taux d’inclusion financière est passé de 87,7% à 89,04% en 2024. Cette progression place le Togo au deuxième rang de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Ces chiffres témoignent de l’efficacité des dispositifs mis en place pour faciliter l’accès des citoyens aux services bancaires et financiers.
La Stratégie nationale d’inclusion financière couvrant la période 2021-2025 visait à renforcer l’accès des populations aux services financiers formels. Les groupes vulnérables ont particulièrement bénéficié de cette politique. Le cadre de référence s’appuie sur des dispositifs structurels qui ont prouvé leur pertinence.
Le Fonds national de la finance inclusive constitue le principal instrument de cette politique. Cette structure a octroyé plus de 1,9 million de crédits à fin octobre 2025. Le montant cumulé atteint 116,59 milliards de francs CFA. Ces financements ont permis à de nombreux ménages de développer des activités génératrices de revenus.
L’Observatoire de la qualité des services financiers du Togo complète ce dispositif. Cette instance veille à la protection des usagers et à l’amélioration continue des prestations. Son rôle sera renforcé dans les années à venir pour garantir des services adaptés aux besoins réels des populations.
Les avancées enregistrées contribuent à la réduction des inégalités économiques. L’accès au crédit permet aux plus démunis de sortir progressivement de la pauvreté. Le renforcement de la résilience des ménages face aux chocs économiques constitue un autre bénéfice de cette politique. La promotion d’une croissance inclusive garantit que le développement profite à toutes les couches sociales.
Le gouvernement entend consolider ces acquis à travers plusieurs actions. Le renforcement du cadre institutionnel et opérationnel figure parmi les priorités. Le secteur de la microfinance nécessite une attention particulière avec la transposition de la loi uniforme de l’UMOA. Cette réglementation améliorera la gouvernance, la gestion du crédit et le contrôle interne des institutions.
Une nouvelle Stratégie nationale d’inclusion financière couvrira la période 2026-2030. Le Conseil des ministres a approuvé le lancement du processus d’élaboration de ce document. Cette feuille de route définira les orientations pour les cinq prochaines années. Elle s’appuiera sur les leçons tirées de la mise en œuvre de la stratégie actuelle.
Un projet spécifique en faveur des jeunes sera développé. Cette catégorie de la population nécessite des produits financiers adaptés à ses besoins particuliers. L’entrepreneuriat des jeunes bénéficiera d’un soutien renforcé pour créer des emplois et dynamiser l’économie.
La création d’un bureau d’innovation pour la promotion de la fintech figure également au programme. Les technologies financières révolutionnent l’accès aux services bancaires. Le mobile money a déjà transformé les habitudes de paiement dans le pays. Les innovations futures nécessitent un cadre propice à leur développement.
Le renforcement de la gouvernance et de la gestion des risques dans les institutions de microfinance constitue un autre chantier. Ces structures jouent un rôle central dans l’inclusion des populations rurales et périurbaines. Leur solidité financière conditionne la pérennité des services offerts aux populations.
Le Conseil des ministres a également adopté jeudi un projet de loi portant réglementation de la microfinance. Ce texte transpose dans la législation nationale la loi uniforme adoptée par le conseil des ministres de l’UMOA en décembre 2023. Cette harmonisation permettra de consolider la stabilité financière et de renforcer la protection des usagers.
Les ministres ont par ailleurs créé une direction spécialisée chargée de la protection des hautes personnalités et des institutions. Cette structure regroupera des éléments de la police nationale et de la gendarmerie sous un commandement unique. L’adaptation des mécanismes de sécurité répond aux mutations du contexte national et international.
Le Conseil a également transformé la direction générale de l’information géographique et de la cartographie en Institut géographique national du Togo. Cette nouvelle structure dotée de l’autonomie de gestion produira des données fiables en matière de cartographie. Elle contribuera au développement socioéconomique par la modernisation des outils de géolocalisation et de gestion territoriale.
