Il convient de saluer avec respect et responsabilité l’engagement constant des Chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui ont su faire de l’Afrique de l’Ouest l’une des régions les plus intégrées du continent, malgré les défis sécuritaires, économiques et politiques.
La libre circulation des personnes, le droit d’établissement et les protocoles communautaires constituent aujourd’hui des acquis majeurs. Comparativement à d’autres régions africaines, l’espace ouest-africain demeure une référence en matière d’intégration régionale.
Cependant, des obstacles subsistent. Les tracasseries administratives, les contrôles excessifs et certaines barrières non tarifaires ralentissent encore la pleine réalisation de cette ambition communautaire. Une meilleure sensibilisation des forces de contrôle, des administrations nationales et des acteurs du transport permettrait d’atténuer significativement ces difficultés.
Il faut le dire haut et fort : CEDEAO, bravo.
L’avenir pourrait également s’inscrire dans la mise en place d’un ECOVISA, sur le modèle de l’espace Schengen européen, destiné aux citoyens hors Afrique de l’Ouest souhaitant séjourner dans les pays de la CEDEAO. Une telle initiative renforcerait l’attractivité économique et touristique de la région, tout en simplifiant les procédures d’entrée.
Par ailleurs, la décision des Chefs d’État relative à la suppression de certaines redevances devrait s’accompagner d’un mécanisme de sensibilisation des compagnies aériennes et des agences nationales de l’aviation civile, afin d’aboutir à une réduction effective du coût des billets d’avion dans l’espace communautaire. L’intégration ne doit pas seulement être juridique ; elle doit être ressentie concrètement par les citoyens.
L’Afrique de l’Ouest avance. Elle avance avec détermination. Et si les efforts se poursuivent dans la cohérence et la solidarité, la CEDEAO demeurera un modèle d’intégration régionale en Afrique.
Senateur Innocent KAGBARA
