L’Assemblée nationale a adopté ce vendredi 27 février 2026 à une large majorité le projet de loi autorisant la prorogation de l’état d’urgence sécuritaire dans la région des Savanes. Cette décision prise en séance plénière s’appuie sur les dispositions de l’article 20 de la Constitution du 6 mai 2024.

Le président de l’Assemblée nationale, Professeur Komi Selom Klassou, a présidé la séance. Plusieurs membres du gouvernement ont pris part aux travaux. Badanam Patoki, ministre de l’Économie et de la Veille Stratégique, Calixte Batossie Madjoulba, ministre de la Sécurité, Gilbert Bawara, ministre des Relations avec le Parlement et les Institutions, et le Colonel Hodabalo Awaté, ministre de l’Administration Territoriale, de la Gouvernance Locale et des Affaires Coutumières, ont assisté à cette séance.
L’état d’urgence sécuritaire a été décrété en juin 2022 dans la région des Savanes. Depuis cette date, l’Assemblée nationale a autorisé plusieurs prorogations. Les députés ont donné leur accord les 9 septembre 2022, 11 avril 2023 et 12 mars 2024. Ces prorogations successives ont permis de renforcer les capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité.
Le dispositif mis en place vise à protéger les populations et à sauvegarder leurs biens. Toutefois, la persistance de la menace terroriste nécessite une vigilance accrue selon le gouvernement. Cette situation explique la demande d’une nouvelle prorogation de 12 mois qui prendra effet à compter du 13 mars 2026.

Les commissions parlementaires ont examiné le projet de loi avant sa présentation en plénière. Les députés ont enrichi le débat général par leurs contributions. Les membres du gouvernement ont fourni des explications sur les raisons qui justifient cette nouvelle prorogation.
Le groupe parlementaire Union pour la République, qui dispose de la majorité à l’Assemblée, a soutenu cette mesure. Selon les élus de l’UNIR, la prorogation de l’état d’urgence sécuritaire s’impose comme une réponse lucide face à une menace terroriste persistante et évolutive.
Les députés de la majorité ont rappelé que depuis la première attaque de mai 2022, le Togo fait face à des défis sécuritaires inédits. Ils ont souligné que les différentes prorogations ont constitué un rempart ayant permis de contenir les incursions et d’empêcher toute tentative d’implantation durable de groupes armés dans certaines zones du nord.
« Politiquement, cette posture affirme notre souveraineté. Diplomatiquement, elle consolide nos alliances dans le golfe de Guinée et au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. Économiquement, elle protège les corridors commerciaux vitaux et assure les investisseurs », ont indiqué les parlementaires de l’UNIR.

Le groupe parlementaire a également insisté sur la dimension sociale de cette lutte. « Socialement, elle restaure la dignité et la résilience des communautés en priorisant l’accès à la santé, à l’éducation et aux services essentiels, car la lutte contre le terrorisme ne peut être uniquement militaire. Elle est aussi sociale, économique et morale », ont-ils précisé.
Après la consigne de vote, le projet de loi a été adopté en première lecture à une large majorité des députés. Cette adoption constitue une satisfaction pour le gouvernement qui disposera des moyens juridiques nécessaires pour poursuivre son action sécuritaire dans la région des Savanes.

Le Colonel Hodabalo Awaté a pris la parole au nom du gouvernement. Il a indiqué que la prorogation de l’état d’urgence sécuritaire traduit le choix de la prévoyance sur l’improvisation et de la protection sur le relâchement. Le ministre a exprimé sa profonde reconnaissance à l’Assemblée nationale pour ce vote.
Le Colonel Awaté a réaffirmé l’engagement des autorités à poursuivre leur mission dans le respect des principes républicains et de l’État de droit. « Je voudrais vous assurer que sous le leadership de Son Excellence Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil, nous continuerons d’exercer les prérogatives que vous venez de proroger avec mesure, discipline et dans le strict respect de l’État de droit », a-t-il déclaré.
Le ministre a précisé la ligne de conduite du gouvernement. « Notre ligne de conduite demeure constante avec l’efficacité opérationnelle, la protection des populations et le respect des droits fondamentaux », a-t-il ajouté.

Le président de l’Assemblée nationale a salué ce vote qu’il a qualifié d’acte de prévoyance et de responsabilité nationale. Il a rappelé que cette décision traduit le soutien constant de la représentation nationale au gouvernement pour protéger les populations et préserver l’intégrité du territoire.
« En adoptant cette loi, nous réaffirmons notre détermination à ne pas céder face aux forces qui menacent la paix et la cohésion nationale. Nous saluons les efforts du gouvernement, sous l’impulsion de Son Excellence Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil, pour mobiliser les moyens nécessaires à la sécurisation de notre territoire et à la lutte contre le terrorisme », a déclaré le Professeur Komi Selom Klassou.
Le président de l’Assemblée a situé cette prorogation dans une stratégie globale. « Cette prorogation de l’état d’urgence sécuritaire s’inscrit dans une stratégie globale visant à renforcer la résilience de notre pays face aux défis sécuritaires. Elle constitue une réponse adaptée à l’ampleur de la menace, tout en garantissant que les mesures prises respectent les principes fondamentaux de notre Constitution », a-t-il souligné.
Le Professeur Klassou a exprimé sa gratitude aux députés pour leurs contributions lors de l’examen du projet de loi. Il a également remercié les commissions parlementaires et les membres du gouvernement pour la qualité de leurs travaux et de leurs réponses aux questions posées.

Le président de l’Assemblée nationale a lancé un appel à l’unité, à la discipline et à la solidarité des populations de la région des Savanes. Cette mobilisation collective apparaît nécessaire pour accompagner l’action des forces de défense et de sécurité sur le terrain.
La région des Savanes demeure confrontée à des tentatives d’incursion de groupes armés terroristes en provenance du Burkina Faso voisin. Les forces togolaises ont repoussé plusieurs attaques au cours des derniers mois. L’état d’urgence sécuritaire permet aux autorités de disposer de moyens juridiques et opérationnels renforcés pour faire face à cette menace.
