L’Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI) a fait une sortie samedi 28 février critiquant le fonctionnement du Cadre permanent de concertation (CPC). Le parti dirigé par le professeur Aimé Gogué dénonce le manque d’efficacité de cette instance de dialogue politique tout en affirmant son engagement à y participer sous conditions.
L’ADDI estime que les décisions prises au sein du CPC ne se traduisent pas en actes concrets. Cette formation politique d’opposition déplore un décalage entre les discussions menées et les mesures effectivement mises en œuvre. Cette situation génère de la frustration chez les participants qui ne constatent pas de changements tangibles.
Plusieurs dysfonctionnements sont pointés du doigt dans le communiqué. L’absence d’information sur le processus de changement de Constitution figure parmi les principaux griefs. Le parti regrette que cette réforme institutionnelle majeure se soit déroulée sans véritable consultation des acteurs politiques réunis au sein du CPC.
La non-publication de l’audit du fichier électoral constitue un autre motif de mécontentement. Cette opération de vérification devait permettre d’assainir les listes électorales et de renforcer la confiance dans le processus électoral. L’ADDI déplore que les résultats de cet audit ne soient pas rendus publics malgré les engagements pris.
Le découpage électoral actuel est jugé déséquilibré par la formation politique. Cette répartition des circonscriptions électorales soulève des questions d’équité dans la représentation des différentes zones du territoire national. Le parti demande une révision de cette carte électorale pour garantir une meilleure proportionnalité.
L’ADDI salue néanmoins la libération de certains détenus politiques. Cette mesure constitue une avancée selon le parti. Elle regrette toutefois que d’autres personnes restent emprisonnées pour leurs opinions politiques. Cette situation partielle ne satisfait pas pleinement les attentes de l’opposition sur la question des libertés.
Le parti refuse catégoriquement un « dialogue sans effet ». Cette formule résume la position de l’ADDI face au fonctionnement actuel du CPC. La formation politique ne souhaite pas cautionner une instance qui ne produirait aucun résultat concret. Elle considère que le dialogue doit aboutir à des changements réels et mesurables.
Malgré ces critiques, l’Alliance des démocrates pour le développement intégral accepte de continuer à participer au Cadre permanent de concertation. Cette décision s’accompagne d’une condition claire. Des réformes profondes doivent être engagées pour que le parti maintienne sa présence dans cette instance.
L’ADDI formule plusieurs demandes précises. Une Constitution consensuelle figure en tête de ses revendications. Le parti souhaite que la loi fondamentale résulte d’un large accord entre les différentes forces politiques du pays. Cette approche inclusive garantirait selon lui une meilleure légitimité de l’édifice institutionnel.
La réforme du cadre électoral constitue la deuxième exigence majeure. Cette révision devrait porter sur plusieurs aspects du processus électoral. Le fichier, le découpage des circonscriptions et les modalités d’organisation des scrutins nécessitent des ajustements selon le parti.
Des mesures urgentes contre la vie chère complètent les demandes de l’ADDI. Cette préoccupation sociale répond aux difficultés économiques rencontrées par les populations. Le parti demande que le dialogue politique intègre également les questions de pouvoir d’achat et de coût de la vie.
La position de l’ADDI illustre la complexité du jeu politique togolais. Le parti critique le CPC tout en y maintenant sa participation. Cette stratégie vise à peser sur les décisions tout en marquant son insatisfaction. Elle diffère du boycott total choisi par d’autres formations d’opposition.
Le professeur Aimé Gogué affirme ainsi une ligne politique nuancée. Son parti refuse le statu quo mais ne rompt pas le dialogue. Cette posture intermédiaire cherche à obtenir des concessions sans s’exclure du processus de discussion. L’efficacité de cette approche se mesurera aux résultats obtenus dans les prochains mois.
Le Cadre permanent de concertation fait l’objet de critiques récurrentes de la part de plusieurs acteurs politiques. Certains y voient une instance utile pour apaiser les tensions. D’autres le considèrent comme un forum sans réel pouvoir de décision. L’ADDI se situe entre ces deux perceptions en exigeant que le CPC devienne un espace de décisions effectives.
