Réunice mercredi 11 mars 2026 sous la présidence du Président du Conseil, Faure Gnassingbé, le Conseil des ministres a examiné les résultats des travaux de la commission spéciale d’enquête sur les cas d’enlèvements et de disparitions inquiétantes. Le ministre de la Sécurité a présenté un bilan qui apporte des éclaircissements sur une situation qui avait suscité une vive émotion au sein de l’opinion publique.
Depuis plusieurs mois, le pays a été confronté à des signalements d’enlèvements présumés et de disparitions inquiétantes touchant notamment des adolescents et des mineurs. Ces cas, largement relayés et amplifiés sur les réseaux sociaux, ont créé un climat d’inquiétude dans de nombreuses familles togolaises.

Afin de rétablir la sérénité et d’apporter des réponses claires, le gouvernement avait mis en place le 24 janvier 2026 une commission spéciale d’enquête. Les travaux de cette commission révèlent que sur 102 cas signalés, 86 personnes ont été retrouvées dont 63 mineurs et 23 majeurs.
Seize personnes demeurent recherchées selon les résultats communiqués au Conseil des ministres. Les enquêtes montrent que la majorité des disparitions sont liées à des conflits familiaux, des départs volontaires, des situations de négligence ou de vulnérabilité.
À ce jour, un seul cas d’enlèvement présumé fait l’objet d’investigations approfondies selon les informations fournies par le ministre de la Sécurité. Cette précision contredit les rumeurs qui circulaient sur les réseaux sociaux évoquant de nombreux enlèvements organisés.

Pour prévenir de nouveaux cas et renforcer la sécurité, plusieurs mesures ont été prises par les autorités. La création d’une base nationale centralisée des personnes disparues permettra de mieux suivre les signalements et de coordonner les recherches sur l’ensemble du territoire.
Le renforcement des patrouilles et du contrôle des flux migratoires vise à améliorer la surveillance dans les zones sensibles. Cette mesure permettra également de détecter plus rapidement les situations suspectes et d’intervenir avant qu’elles ne dégénèrent.
La sensibilisation des populations et de la jeunesse aux dangers des promesses de gains faciles constitue un autre volet important de la stratégie gouvernementale. Les autorités souhaitent informer les jeunes sur les risques liés aux offres d’emploi frauduleuses et aux propositions douteuses qui circulent notamment sur internet.

Les procédures de signalement ont été simplifiées pour permettre aux familles de déclarer rapidement les disparitions. Cette facilitation vise à réduire les délais entre la disparition d’une personne et le déclenchement des recherches.
La modernisation du laboratoire de criminalistique numérique répond à la nécessité de lutter contre la désinformation. Ce laboratoire permettra d’analyser les contenus diffusés sur les réseaux sociaux et d’identifier les sources de fausses informations qui alimentent les rumeurs.
Le gouvernement appelle à la vigilance et au dialogue au sein des familles. Cette recommandation vise à prévenir les départs impulsifs de jeunes suite à des conflits familiaux qui représentent une part importante des disparitions constatées.
Les autorités sollicitent également la coopération des citoyens avec les services de sécurité. Cette collaboration permet de recueillir des informations utiles pour retrouver les personnes disparues et de protéger les populations contre toute situation de vulnérabilité.
Le Conseil des ministres a par ailleurs adopté deux décrets lors de cette séance. Le premier proroge l’état d’urgence sécuritaire dans la région des Savanes pour une durée supplémentaire de douze mois à compter du 13 mars 2026.
Face à la persistance de la menace terroriste et aux risques qu’elle continue de faire peser sur l’intégrité du territoire national, le gouvernement a sollicité et obtenu de l’Assemblée nationale une autorisation de prorogation. L’état d’urgence avait été initialement décrété le 13 juin 2022 pour une durée de trois mois puis prorogé à trois reprises.
Le second décret adopté porte sur l’approbation du Plan national d’attribution des bandes de fréquences radioélectriques (PNAF). Ce plan intègre les modifications apportées en 2023 au règlement des radiocommunications par l’Union internationale des télécommunications lors de la conférence mondiale des radiocommunications.
Le nouveau PNAF prévoit l’identification de bandes de fréquences supplémentaires pour le développement de la 5G et des plateformes à haute altitude. Il introduit également un système de transmission d’informations pour la sécurité maritime et attribue de nouvelles bandes aux services mobiles aéronautiques.
Le Conseil des ministres a écouté quatre communications portant sur des sujets variés. La quatrième enquête démographique et de santé au Togo a été présentée par le ministre de la Santé. Cette enquête s’inscrit dans le cadre du cinquième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-5).
La finalisation du processus de mutation de la Société d’administration de la zone franche (SAZOF) vers l’Agence de promotion des investissements et de la zone franche (API-ZF) a été présentée par le ministre délégué chargé de la promotion des investissements.
Le ministre de l’Aménagement du territoire a présenté la poursuite du projet de réformes foncières pour l’accroissement de la productivité agricole. Ce projet, financé dans le cadre du Programme Seuil par la Millennium Challenge Corporation, est mis en œuvre depuis 2021 sur cinq sites pilotes.
