Le détroit d’Ormuz connaît une situation inédite depuis le début du mois de mars. L’Iran exerce un contrôle effectif sur ce passage stratégique qui canalise une partie substantielle des exportations pétrolières mondiales. Cette emprise bouleverse les équilibres régionaux et affecte les marchés énergétiques internationaux.
Téhéran aurait fixé une taxe de 2 millions de dollars par navire pour le passage dans le détroit selon plusieurs sources médiatiques. Ce péage imposé unilatéralement génère des revenus considérables pour le régime iranien. Les armateurs et les compagnies pétrolières doivent désormais intégrer ce coût dans leurs calculs.
Les exportations pétrolières des pays du Golfe persique ont chuté dramatiquement en février. L’Irak enregistre une baisse de 67%. Le Koweït voit ses exportations reculer de 59%. Oman subit une diminution de 53%. Le Qatar accuse un recul de 62%. L’Arabie saoudite perd 35% de ses volumes. Les Émirats arabes unis connaissent une contraction de 25%.
L’Iran a anticipé la situation en augmentant fortement ses expéditions en février. Les volumes ont atteint près de 2,3 millions de barils par jour contre 1,5 à 1,9 million entre 2020 et début 2026. Les livraisons sont redescendues à 1,5 million de barils quotidiens actuellement. La hausse des prix compense largement cette réduction des volumes.
Les revenus potentiels du transit des pétroliers du Golfe pourraient équivaloir aux recettes pétrolières actuelles de l’Iran. Cette double source de financement renforce considérablement la position économique du pays.
Plusieurs États de la région déclarent l’état de force majeure pour leurs livraisons contractuelles. Le Qatar a ouvert la voie. L’Irak a suivi cette démarche jeudi. Ces déclarations libèrent les exportateurs de leurs obligations mais perturbent les approvisionnements mondiaux.
Les marchés énergétiques réagissent violemment à ces perturbations. Le pétrole Brent a franchi vendredi la barre des 110 dollars le baril. Le gaz TTF a dépassé les 700 dollars les 1 000 mètres cubes. Ces niveaux n’avaient pas été atteints depuis plusieurs années.
L’Iran a annoncé jeudi son intention de frapper de nouvelles installations pétrolières et gazières où des intérêts britanniques sont présents. Cette menace pèse sur les cours dès l’ouverture des marchés lundi. Les opérateurs anticipent de nouvelles perturbations de l’offre.
Les frappes iraniennes gagnent en efficacité selon les observateurs. Les stocks de missiles antimissiles des pays visés s’épuisent progressivement. Les radars de défense subissent des destructions qui réduisent les capacités d’interception. Jeudi, de nombreux incendies ont été observés dans un entrepôt militaire israélien à Ben Ami.
Les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et le Koweït ont essuyé jeudi et vendredi de nouvelles vagues de missiles et de drones iraniens. Ces attaques répétées maintiennent la pression sur les monarchies du Golfe. Elles perturbent également les activités économiques.
Le ministère des Finances américain a annoncé vendredi soir la levée partielle des sanctions contre le pétrole iranien. Cette mesure pourrait rapporter environ 15 milliards de dollars supplémentaires au trésor iranien. Elle marque un revirement dans la politique de pression maximale menée jusqu’alors.
L’administration américaine qualifie cette décision de succès diplomatique. Les observateurs s’interrogent sur la cohérence de cette position alors que l’Iran renforce son emprise régionale. Le décalage entre la rhétorique et la réalité du terrain alimente les questionnements.
