Deux millions de francs CFA pour une opération d’urgence suite à un accident de moto. Cette somme vertigineuse qu’un journaliste togolais a dû mobiliser il y a quelques semaines illustre la vulnérabilité des professionnels des médias face aux dépenses de santé. Germain Pouli, président du Conseil National des Patrons de Presse du Togo (CONAPP), a partagé cette expérience lors de la formation des journalistes sur l’extension de l’Assurance Maladie Universelle aux Travailleurs Non-Salariés (AMU-TNS) organisée vendredi 17 avril 2026 au Palais des Congrès de Kara.

Les journalistes togolais, particulièrement ceux de la presse privée, sont restés longtemps en marge des dispositifs de protection sociale. Cette exclusion les expose à des situations dramatiques lorsque la maladie ou l’accident survient. Le président du CONAPP a souligné que « trop souvent, nous avons vu des confrères, passionnés par leur métier, incapables de se soigner lorsqu’ils étaient frappés par la maladie, faute de couverture médicale ». Les appels à la solidarité pour mobiliser des fonds au profit de confrères malades se sont multipliés au fil des années.
Une centaine de journalistes venus des cinq régions du pays ont participé à cette session de formation. Cette rencontre organisée sous le Haut parrainage du Président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé vise à préparer les professionnels des médias à jouer un double rôle. Ils deviendront bénéficiaires de l’AMU-TNS tout en assumant la fonction d’ambassadeurs de cette réforme auprès des populations.

Le partenariat construit entre les organisations de presse et la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) marque un tournant pour la profession. Sept organisations participent à cette initiative commune. Le CONAPP, l’Union des Radios et Télévisions du Togo (URATEL), le Patronat de la Presse Togolaise (PPT), l’Union des Journalistes Indépendants du Togo (UJIT), le Syndicat des Journalistes Indépendants du Togo (SYNJIT), l’Association Togolaise des Organes de Presse Privée en Ligne (ATOPPEL) et l’Organisation Professionnelle de la Presse En Ligne (OPPEL) ont joint leurs forces.
L’Institut National d’Assurance Maladie (INAM) collabore également à ce dispositif. Cette coopération entre les médias et les organismes de gestion de la sécurité sociale doit permettre une vulgarisation efficace et durable de l’AMU-TNS. Les journalistes formés disposeront des outils nécessaires pour informer, sensibiliser et accompagner leurs concitoyens dans l’adhésion à l’assurance maladie universelle.

Germain Pouli a insisté sur la responsabilité qui incombe aux professionnels des médias dans cette réforme. « Nous avons la responsabilité de vulgariser les mécanismes de l’AMU, d’expliquer avec des mots simples et accessibles ses avantages concrets, et de porter la voix de cette réforme jusque dans les villages les plus reculés », a-t-il déclaré. Cette mission de relais de l’information complète le bénéfice direct que les journalistes tireront de leur adhésion au système.
Le président du CONAPP a également souligné le rôle des médias dans le succès de cette politique publique. « Notre voix, portée dans les cinq régions du pays, sera un instrument puissant pour encourager l’adhésion massive des populations et assurer le succès de l’Assurance Maladie Universelle », a-t-il affirmé. Cette dimension stratégique justifie l’investissement consenti pour former les journalistes à la compréhension fine des mécanismes de l’AMU-TNS.
Le Directeur de Cabinet du ministère de la Communication, Franck Missité, a représenté la ministre Yawa Kouigan lors de cette rencontre. Le Secrétaire Général de la Haute Autorité de la Régulation de la Communication Écrite, Audiovisuelle et Numérique (HARC) a également pris part à l’événement. Des collaborateurs de la Directrice Générale de la CNSS et du Directeur Général de l’INAM ont animé les modules de formation prévus au programme.
Le gouverneur de la région de la Kara et le maire de la commune Kozah 1 ont facilité l’organisation de cette rencontre. Germain Pouli leur a exprimé la gratitude des organisations de presse pour l’hospitalité réservée aux participants. Cette première session dans la septentrion sera suivie d’une seconde cohorte de formation qui se tiendra à Lomé dans les prochains jours. Cette approche régionale vise à toucher l’ensemble des professionnels des médias togolais.
Les journalistes formés à Kara repartiront avec une meilleure compréhension des enjeux de l’AMU-TNS. Ils pourront désormais expliquer les modalités d’adhésion, les prestations couvertes et les avantages du système.
