Les producteurs togolais vont recevoir plus du double d’engrais cette année par rapport à 2025. Le gouvernement prévoit de distribuer 85 000 tonnes de fertilisants destinés aux cultures vivrières, contre 33 435 tonnes l’année précédente. Cette progression traduit une volonté d’accélérer la production alimentaire nationale.
L’enveloppe budgétaire allouée à cette opération atteint 42,4 milliards de francs CFA. Les engrais vivriers concernent les cultures de base comme le maïs, le riz, le sorgho, le mil, l’igname et le manioc. Ils apportent aux sols les nutriments essentiels que l’exploitation continue épuise progressivement.
Sans ces apports en azote, phosphore et potassium, les rendements s’effondrent. Les producteurs voient leurs revenus baisser pendant que les marchés peinent à s’approvisionner. La restauration de la fertilité des sols devient alors une condition de survie pour de nombreuses exploitations familiales.
La répartition géographique des volumes révèle les zones prioritaires. La région des Savanes capte à elle seule 35 000 tonnes pour un montant de 17,4 milliards de francs CFA. Ce grenier du pays abrite une forte concentration d’exploitations agricoles où l’activité constitue la principale source de revenus des ménages.
La région de la Kara suit avec 18 000 tonnes et 8,9 milliards de francs CFA. La Centrale obtient 13 000 tonnes pour 6,4 milliards, les Plateaux 11 500 tonnes pour 5,7 milliards et la Maritime 7 000 tonnes pour 3,4 milliards. Le Grand Lomé ferme la marche avec 500 tonnes et 249,9 millions de francs CFA, reflétant la faible superficie dédiée aux cultures vivrières dans la capitale.
Cette disponibilité accrue permet aux agriculteurs d’améliorer leurs rendements à l’hectare et de sécuriser leurs récoltes face aux aléas climatiques. Le coût élevé des intrants représentait jusqu’ici un frein pour de nombreux exploitants. En facilitant l’accès à ces produits, les autorités lèvent une contrainte qui empêchait l’extension des superficies cultivées.
Les bénéfices attendus dépassent le cadre des exploitations. Les commerçants anticipent des volumes plus importants à écouler sur les marchés locaux et régionaux. Les transformateurs comptent sur une disponibilité régulière de matières premières pour alimenter les unités agroalimentaires. Les consommateurs devraient profiter d’une offre plus abondante qui contribuera à stabiliser les prix des denrées de base.
La progression spectaculaire des volumes entre 2025 et 2026 témoigne d’un changement d’échelle. Les 77 938 tonnes distribuées en 2024 avaient déjà marqué une avancée par rapport aux 33 435 tonnes de 2025. Le bond vers 85 000 tonnes confirme la priorité accordée à l’autosuffisance alimentaire.
