Dans les laboratoires comme dans les centres de santé, la science reste un outil central dans la prévention des maladies et l’amélioration des soins. Au Togo, cette réalité se traduit aussi à travers le parcours de Sika Dossim, pharmacienne biologiste et professeure agrégée de microbiologie à l’Université de Kara.
À travers ses travaux et son engagement universitaire, l’enseignante-chercheure met l’accent sur l’accès au diagnostic médical, la vulgarisation scientifique et la place des femmes dans les métiers de la santé. Pour elle, la science ne se limite pas aux laboratoires ou aux recherches spécialisées. Elle fait partie du quotidien.
« Nous avons pour habitude de voir la science comme un procédé de laboratoire. Cependant, la science est présente partout dans notre vie quotidienne », explique-t-elle. Elle cite notamment les réactions chimiques observées dans la cuisine ou encore les technologies utilisées chaque jour sans que leur origine scientifique soit toujours perçue.
Selon la spécialiste, les progrès médicaux et technologiques reposent sur une méthode basée sur l’observation, les tests et la vérification des résultats. « Faire confiance à la science, c’est avant tout faire confiance à une méthode sérieuse », souligne-t-elle.
Parmi les avancées qui retiennent son attention figurent les outils de diagnostic rapide. Ces dispositifs permettent aujourd’hui à plusieurs centres de santé éloignés des grandes villes de détecter certaines maladies en peu de temps. Elle évoque notamment les tests liés au VIH, à l’hépatite B ou encore à la tuberculose.
« Aujourd’hui, en moins d’une heure, le diagnostic peut être posé et le traitement démarré immédiatement », indique la professeure Sika Dossim à propos de la tuberculose. D’après elle, cette rapidité facilite une prise en charge plus précoce des patients.
La chercheure défend également l’approche dite « Une seule santé », qui établit un lien entre la santé humaine, animale et environnementale. Elle rappelle que plusieurs crises sanitaires récentes ont montré la nécessité d’une coopération entre médecins, scientifiques et spécialistes de l’environnement.
Pour mieux faire face aux futures épidémies, elle estime que les États doivent investir dans la recherche, la formation des professionnels et la diffusion des connaissances scientifiques auprès des populations.
Au-delà des laboratoires, Sika Dossim veut aussi encourager les jeunes filles à rejoindre les filières scientifiques. Elle juge leur présence encore insuffisante dans plusieurs domaines de la recherche et de la santé.
« Aux jeunes filles en particulier, je veux dire que leur place est indispensable dans les métiers scientifiques et de la santé », affirme-t-elle. Avant d’ajouter que la persévérance et la confiance en soi restent essentielles face aux préjugés qui entourent encore certaines carrières scientifiques.
