Le premier porte-parole du Front « Touche pas à ma Constitution » accuse le pouvoir togolais de maintenir environ soixante-dix personnes en détention pour des motifs politiques. Nathaniel Olympio a livré cette estimation lors d’une interview accordée à TV5, dénonçant un système qu’il accuse d’avoir « complètement sorti de l’État de droit ».
Plusieurs cas illustrent selon lui cette répression. L’ancienne ministre de la Défense Gnakadé se trouve actuellement en prison. Jean-Paul Oumou a été arrêté en 2021 alors qu’il revenait de la diaspora pour des vacances. Le poète Sokpor Sitsopé Honoré, connu sous le pseudonyme d’Affectio, a été récemment incarcéré pour avoir photographié un chantier de canalisation des eaux de pluie.
Nathaniel Olympio pointe également le non-respect des décisions de justice. « Des magistrats ont pris des décisions de libération de certains détenus politiques. Ils sont toujours maintenus en prison », a-t-il affirmé. Selon lui, cette situation révèle une logique purement politique. « Ce n’est pas une décision judiciaire, c’est une décision politique. »
La Cour de justice de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a rendu plusieurs arrêts demandant la libération de certains prisonniers. Ces décisions n’ont jamais été appliquées. L’opposant déplore une « espèce de complaisance » de l’organisation régionale avec le régime togolais. « Ça, c’est difficile pour les Togolais à accepter », a-t-il ajouté.
Face à cette fermeture de l’espace civique, Nathaniel Olympio mise sur la mobilisation populaire. « Le seul langage que le régime entend, c’est quand nous nous exprimons fortement, c’est quand nous manifestons », a-t-il déclaré. Il reconnaît toutefois que la peur paralyse une partie de la population. « Les capacités de mobilisation sont très difficiles parce que la répression et les violences exercées sur la population font que les gens ont peur. Mais la jeunesse est déterminée. »
Sur la question de l’unité de l’opposition, le dirigeant politique reconnaît la pluralité des formations mais affirme que les objectifs restent communs. « L’opposition est plurielle, c’est vrai, mais nous revendiquons les mêmes choses, nous poursuivons les mêmes objectifs. » Il annonce des activités communes dans les semaines à venir pour démontrer cette convergence d’action.
Selon Nathaniel Olympio, « la détention arbitraire est devenue au Togo l’instrument de prédilection pour faire taire les voix dissidentes ». Cette affirmation intervient alors que l’opposition s’apprête à tenir son premier meeting depuis l’entrée en vigueur de la Ve République togolaise.
