La performance togolaise dans la mise en œuvre des politiques communautaires recule. Le pays affiche un taux d’exécution de 68,7% pour l’année 2025 contre 77,9% en 2024, soit une baisse de 9,21 points de pourcentage. Ces chiffres ont été communiqués lundi 11 mai 2026 lors de la 11e revue annuelle des réformes communautaires de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
L’évaluation conduite en novembre dernier par la Commission de l’UEMOA a porté sur 145 réformes ainsi que trois programmes et projets communautaires. Les résultats révèlent des difficultés particulières dans certains secteurs économiques. L’agriculture, la culture et l’artisanat enregistrent les baisses les plus marquées.
La non-transposition de la directive relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux explique en partie ce recul. Ce texte n’avait pas encore été intégré dans le droit national au moment de l’évaluation. Cette lacune juridique a pesé sur le score global du pays.
Georges Barcola, ministre des Finances et du Budget, a qualifié cette baisse de « signal d’alerte qui doit être interprété comme un appel à une mobilisation plus intense et à une meilleure coordination entre les parties prenantes nationales et communautaires ». Le ministre a insisté sur l’importance stratégique des domaines concernés par ce repli.
« L’agriculture structure l’économie réelle de nos populations rurales ; la culture et l’artisanat constituent le socle de notre identité ainsi qu’un levier de création de valeur et d’emplois », a déclaré Georges Barcola. Ces secteurs emploient une large part de la population active et contribuent significativement au produit intérieur brut.
La revue annuelle a été instituée par un acte additionnel de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union le 24 octobre 2013. Elle permet de mesurer les progrès réalisés par les États membres et d’identifier les obstacles qui freinent l’intégration régionale.
Des recommandations ont été transmises aux départements ministériels concernés pour lever les contraintes identifiées. Ces mesures correctives visent à améliorer le taux de mise en œuvre lors de la prochaine évaluation. Les autorités togolaises disposent désormais d’une feuille de route pour rattraper le retard accumulé dans l’application des politiques communautaires.
