L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) a publié ce 13 mai 2026 un constat paradoxal sur la qualité de l’internet au Togo. Malgré la fibre optique censée offrir des débits supérieurs, l’internet fixe demeure moins performant que l’internet mobile.
Le rapport de l’ARCEP s’appuie sur les données de nPerf, référence mondiale dans l’évaluation de la qualité d’expérience des services internet. L’étude analyse cinq indicateurs clés que sont le débit montant, le débit descendant, la latence, la navigation web et le streaming vidéo sur YouTube.
Les chiffres illustrent cette anomalie. Pour le débit montant, YAS Togo en 4G avec 18,42 Mb/s affiche des performances deux fois supérieures à celles de Canalbox Togo en connexion fixe. La qualité d’expérience de la navigation web et du streaming vidéo reste également meilleure sur l’internet mobile que sur l’internet fixe.
Le régulateur a comparé les performances des opérateurs togolais à seize autres fournisseurs d’accès à internet (FAI) de la zone Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Au niveau national, YAS Togo surpasse Canalbox Togo avec un débit descendant de 45 Mb/s contre 39,69 Mb/s. L’opérateur enregistre des taux de succès de 52,85 % pour la navigation web et 71,37 % pour le streaming vidéo, contre 48,31 % et 64,98 % pour son concurrent.
Canalbox Togo conserve néanmoins l’avantage sur la latence avec 12,95 ms contre 22,50 ms pour YAS Togo. L’opérateur affiche aussi de meilleures performances en mode Wi-Fi.
Au plan régional, YAS Togo se positionne à la 4e place tandis que Canalbox Togo occupe le 8e rang parmi les dix-huit opérateurs évalués dans sept pays de l’UEMOA, hors Guinée-Bissau. Orange Côte d’Ivoire domine le classement avec une vitesse de 93,5 Mb/s, soit plus du double de celle de YAS Togo. Canalbox Togo se distingue comme le meilleur FAI régional en matière de latence.
Pour rappel, en 2025, les deux opérateurs mobiles togolais ont occupé les deux premières places du classement nPerf de la qualité d’expérience (QoE) des réseaux mobiles dans l’espace UEMOA.
Face à ce paradoxe, l’ARCEP invite les deux FAI togolais à intensifier leurs efforts pour garantir aux consommateurs une qualité d’expérience internet plus satisfaisante. L’étude complète est disponible sur le site de l’autorité de régulation.
