Les mesures réalisées par l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) en 2026 font apparaître une hiérarchie qui varie selon le périmètre et le service observés. YAS conserve l’avantage sur l’ensemble du territoire, tandis que Moov Africa Togo obtient le meilleur taux de conformité sur la 4G dans le Grand Lomé.
La campagne nationale, conduite du 13 juillet au 21 août dans 86 localités, attribue à YAS un taux global de conformité de 75,15 %, contre 54,07 % pour Moov Africa Togo. Aucun des deux opérateurs n’atteint toutefois les seuils réglementaires de qualité fixés par le régulateur. L’écart national dépasse ainsi 21 points en faveur de YAS.
Le classement se resserre dans le Grand Lomé. YAS y atteint 85,27 % de conformité, contre 76,34 % pour Moov Africa Togo. Hors de cette zone, les performances s’établissent respectivement à 73,18 % et 50,25 %. Les mesures font donc apparaître une différence territoriale nette, avec des niveaux de conformité supérieurs dans le Grand Lomé pour les deux réseaux.
La comparaison par technologie réserve une autre lecture. Sur la 4G dans le Grand Lomé, Moov Africa Togo obtient 88,10 %, devant YAS à 82,14 %. Sur la 3G, YAS reprend l’avantage avec 79,79 %, contre 76,19 % pour son concurrent. La performance globale d’un opérateur ne recouvre donc pas nécessairement celle observée sur une technologie ou un territoire précis.
Cette situation prolonge une tendance déjà relevée par l’ARCEP lors de sa campagne portant sur le second semestre 2024. Le régulateur avait alors mesuré, dans le Grand Lomé, 88,10 % de conformité pour Moov Africa Togo contre 83,33 % pour YAS sur la 4G. Sur la 3G, Moov Africa Togo avait aussi devancé YAS, avec 94,05 % contre 73,81 %.
Les données relatives à l’expérience réelle des utilisateurs apportent une autre nuance. Dans son étude publiée en mars 2026 sur l’année 2025, l’ARCEP indiquait que YAS affichait la meilleure qualité d’expérience globale de l’internet mobile au Togo. La 4G représentait alors près de 85 % du trafic national, tandis que les deux opérateurs demeuraient confrontés à des performances plus limitées sur la navigation web et le streaming vidéo.
La prochaine évolution concerne le niveau d’exigence réglementaire. L’ARCEP travaille sur un dispositif portant le seuil de conformité à 95 % au plan national, avec un mécanisme contraignant assorti de sanctions. Les résultats de la campagne 2026 situent les deux opérateurs en dessous de cette référence projetée.
La campagne s’inscrit enfin dans un dispositif de contrôle appelé à se poursuivre. L’ARCEP avait lancé en mars 2026 un appel destiné à sélectionner un cabinet international chargé d’accompagner la réalisation de deux campagnes de contrôle de la qualité des services mobiles 2G, 3G et 4G au titre de l’année.
