Une consultation a rassemblé mercredi 13 mai les forces vives de la région Maritime pour alimenter les réflexions sur le prochain programme gouvernemental. Sécurité, inondations et infrastructures routières figurent parmi les préoccupations exprimées.
La Présidence du Conseil et le ministère de la Planification du développement et de la Coopération ont recueilli les contributions des acteurs de développement de la région Maritime lors d’une rencontre organisée à Tsévié. Préfets, maires, responsables des services déconcentrés de l’État et représentants de la société civile ont formulé leurs propositions pour la Feuille de route 2026-2031.
Cette démarche participative répond aux instructions du Président du Conseil, Faure Gnassingbé, qui avait ordonné de larges concertations nationales et internationales le 27 avril dernier. Dans son message à la nation prononcé à l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Togo, il avait demandé que les orientations stratégiques du pays soient définies de manière inclusive.
Les participants ont placé la sécurité au cœur de leurs recommandations. Ils ont notamment évoqué l’exploration de la mise en place de polices communales pour renforcer la protection des populations. La gestion des inondations a également retenu l’attention des forces vives qui y voient un défi récurrent nécessitant des réponses adaptées.
Le renforcement du cadre juridique et de la planification en matière d’environnement et de lutte contre les changements climatiques a été soulevé. Les acteurs locaux ont aussi insisté sur l’intensification des actions de sécurité routière et le renforcement de la lutte contre les violences basées sur le genre.
Les infrastructures routières et l’augmentation des dotations du Fonds d’appui aux collectivités territoriales (FACT) figurent parmi les priorités exprimées. Ces propositions visent à améliorer les conditions de vie des populations et à faciliter le développement économique de la région.
Le gouverneur de la région Maritime, Taïrou Bagbiègue, a souligné l’importance de cette consultation. « Je ne doute pas qu’au sortir de cette rencontre, des contributions pertinentes seront enregistrées et viendront enrichir les réflexions en cours dans le cadre de l’élaboration de la Feuille de route 2026-2031, qui doit refléter nos aspirations communes et transformer concrètement la vie des Togolais », a-t-il déclaré.
Avant d’aborder les propositions, les participants ont examiné le bilan de la Feuille de route Togo 2020-2025. L’économie togolaise a maintenu une croissance moyenne annuelle de près de 6 % malgré la pandémie de COVID-19, les tensions géopolitiques, les chocs climatiques et les menaces sécuritaires. Le Produit intérieur brut (PIB) a atteint 6 919 milliards de francs CFA en 2025, portant le PIB par habitant au-delà de 1 350 dollars. L’inflation a été contenue à 0,4 %, bien en deçà du seuil communautaire de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA).
Dans la région Maritime, plusieurs réalisations ont été présentées. Le mécanisme « Tinga » a permis de raccorder 25 003 ménages au réseau électrique national, tandis que le projet « Cizo » a distribué 60 778 kits solaires. Les autorités ont installé 2 696 lampadaires solaires, construit une mini-centrale solaire à Gapé-Centre et étendu le réseau électrique dans 49 localités rurales.
Le gouvernement a accordé 38 508 crédits d’une valeur totale de 2,532 milliards de FCFA pour le développement à la base. Les transferts monétaires ont touché 24 262 personnes pour un montant de 2,428 milliards de FCFA. L’alimentation scolaire a fourni 12 021 723 repas à 21 712 élèves, pour un coût de 1,574 milliard de FCFA. L’appui aux jeunes s’est traduit par le soutien à 589 projets en coopératives et le financement de 129 projets structurants.
Le secteur agricole affiche l’aménagement de 2 732 hectares à travers les Zones d’aménagement agricole planifiées (ZAAP). Plus de 37 000 tonnes d’engrais et 424 tonnes de semences certifiées ont été mobilisées. Les infrastructures comprennent 30 magasins de stockage et 2 marchés à bétail.
Le secrétaire général du ministère de la Planification du développement et de la Coopération, Paneto Bèguédouwè, a précisé que la nouvelle Feuille de route repose sur trois orientations stratégiques définies par le Président du Conseil, à savoir Protéger, Rassembler et Transformer. Son élaboration obéit à cinq principes directeurs que sont la crédibilité, la cohérence, la sélectivité, la lisibilité et la facilité de pilotage.
