La préfecture de Kloto met en place des cellules communautaires de veille pour lutter contre les grossesses précoces et les mariages d’enfants. Un atelier d’installation s’est tenu le 21 mai 2026 à Kpalimé avec les représentants des communes de Kloto 1, Kloto 2 et Kloto 3. Cette initiative mobilise les chefs traditionnels, les responsables religieux, les organisations de femmes et de jeunes ainsi que les acteurs institutionnels.
Les statistiques présentées lors de l’atelier révèlent l’ampleur du phénomène à combattre. L’année scolaire 2024-2025 a enregistré 2 284 cas de grossesses en milieu scolaire au Togo. Le secondaire 1 compte 1 319 cas tandis que le secondaire 2 en totalise 948. Le primaire enregistre 17 cas, un chiffre qui a provoqué de vives réactions au sein de l’assistance.
La directrice générale du genre et de la promotion de la femme, Bénédicte Gnasa, a rappelé l’évolution de cette problématique depuis 2014. Les données montrent 2 792 cas entre 2014 et 2015, une hausse à 3 343 en 2017-2018, puis une légère baisse à 2 990 cas en 2018-2019. Les chiffres actuels témoignent de la persistance du défi malgré les efforts déployés.
Ces grossesses précoces et les mariages d’enfants génèrent des conséquences sanitaires, psychologiques, sociales et éducatives. Les autorités soulignent les atteintes aux droits humains que représentent ces situations. Les abandons scolaires, les redoublements et diverses formes de vulnérabilité sociale et économique affectent l’avenir des adolescentes concernées.
Le gouvernement togolais renforce sa riposte à travers plusieurs mécanismes. Le cadre juridique a été consolidé pour mieux protéger les jeunes filles. Des centres d’écoute et de prise en charge des victimes fonctionnent sur le territoire. Le programme national de lutte contre les grossesses et mariages chez les adolescentes couvre la période 2023-2027 avec des objectifs précis et des moyens alloués.
Les cellules communautaires installées à Kpalimé assurent la sensibilisation dans les différentes communautés de la préfecture. Elles effectuent une veille continue pour détecter les situations à risque. Elles suivent les actions de lutte contre les grossesses précoces, les mariages d’enfants et les violences basées sur le genre. Ces structures de proximité permettent une intervention rapide et adaptée aux réalités locales.
L’atelier a réuni des acteurs variés pour garantir une approche globale. Les chefs traditionnels apportent leur influence dans les communautés. Les responsables religieux sensibilisent leurs fidèles. Les organisations de femmes accompagnent les victimes. Les groupes de jeunes mènent des campagnes de pairs à pairs. Cette mobilisation collective crée une dynamique favorable au changement des comportements.
Les cellules élaborent des plans d’actions communautaires adaptés aux spécificités de chaque zone. Ces plans identifient les facteurs de risque locaux et proposent des réponses appropriées. Ils fixent des objectifs mesurables et définissent les responsabilités de chaque acteur. Le suivi régulier permet d’ajuster les stratégies en fonction des résultats obtenus.
