La Haute Autorité de Prévention et de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HAPLUCIA) franchit une étape décisive dans sa stratégie de prévention. Le jeudi 28 mai, la phase pré-test du projet d’intégration de l’éducation à l’intégrité dans les curricula universitaires a pris fin. Ce projet cible directement les futurs cadres du pays avant qu’ils n’entrent dans la vie professionnelle.
L’approche choisie tranche avec les méthodes traditionnelles de lutte contre la corruption. Plutôt que de sanctionner après les faits, le gouvernement préfère prévenir en amont. Former les jeunes à l’éthique avant qu’ils n’accèdent aux responsabilités modifie durablement les comportements. Cette stratégie préventive s’avère souvent plus efficace que les poursuites judiciaires.
Le projet a débuté par une première expérimentation à l’Institut Supérieur de Management (ISM) Adonaï de Kara. Fort de ce premier succès, il s’étend désormais aux établissements privés d’enseignement supérieur. L’Institut d’Administration et d’Études Commerciales (IAEC) rejoint le dispositif. Cette extension progressive valide la pertinence du modèle pédagogique développé.
Les thématiques abordées couvrent l’ensemble du spectre de l’intégrité professionnelle. Les étudiants de l’IAEC étudieront les enjeux et défis de la lutte contre la corruption. Ils examineront les mécanismes de participation citoyenne disponibles. Ils analyseront les cadres juridiques et institutionnels togolais en matière de bonne gouvernance. La déontologie et la responsabilité professionnelle complètent ce programme.
Le Professeur Gado Tchangbedji, Ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a ancré ce projet dans une vision patriotique. « Le vrai mérite ne réside pas seulement dans les diplômes, mais dans l’usage responsable et utile que nous en faisons pour le bien commun », a-t-il déclaré aux étudiants. Cette formulation rappelle que la valeur d’un cadre se mesure à ses actes, pas à ses titres.
Aba Kimelabalo, président de la HAPLUCIA, a exposé la philosophie fondatrice du projet. « Former les jeunes à l’intégrité dès aujourd’hui, c’est préparer une génération consciente de ses responsabilités, attachée aux valeurs de probité et capable de porter durablement les idéaux de justice et de développement pour notre pays », a-t-il affirmé. Cette vision transforme l’université en laboratoire de citoyenneté.
Ses exhortations aux étudiants ont été sans équivoque. « Refusez les raccourcis faciles et faites de l’honnêteté, du mérite et de la discipline vos principes de vie », a-t-il lancé. Ce message direct interpelle chaque étudiant sur ses choix individuels futurs. Il rappelle que la corruption commence souvent par des petits compromis progressivement normalisés.
La corruption représente un frein documenté au développement économique. Elle détourne les ressources publiques des services essentiels. Elle décourage les investisseurs étrangers. Elle crée des inégalités en favorisant ceux qui paient plutôt que ceux qui méritent. Un pays qui forme ses cadres à l’intégrité réduit ces coûts structurels.
Les universités constituent le dernier filtre avant l’entrée dans la fonction publique et les entreprises. Un étudiant qui intègre les valeurs d’éthique durant sa formation les transporte dans sa carrière. Il résiste mieux aux sollicitations corrompues. Il influence positivement ses collègues par son exemple. Cette contamination positive se propage dans les institutions.
Le choix de cibler l’enseignement supérieur et les centres de formation amplifie l’impact du projet. Les diplômés occupent des postes à responsabilité. Ils gèrent des budgets, prennent des décisions et forment à leur tour de nouvelles générations. Leur intégrité ou leur corruption a donc un effet multiplicateur sur la société.
L’extension du programme aux établissements privés élargit significativement sa portée. Les universités publiques et privées forment ensemble la quasi-totalité des cadres togolais. Toucher les 2 secteurs garantit une couverture nationale. Aucun futur professionnel ne devrait sortir du système éducatif sans avoir été exposé à ces valeurs fondamentales.
