Alors que les cours mondiaux du pétrole affichent une tendance baissière, le gouvernement togolais a relevé les prix des produits pétroliers à la pompe le mercredi 27 mai 2026. Cette décision a immédiatement suscité une réaction ferme de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC). Le parti d’opposition condamne une mesure qu’il juge économiquement injustifiable et socialement brutale.
Jean-Pierre Fabre, président de l’ANC, a signé un communiqué sans ambiguïté. Le parti y relève que « cette mesure intervient paradoxalement au moment où une tendance à la baisse des cours du pétrole est observée sur le marché international. » Pour l’ANC, cet écart entre les réalités du marché mondial et la décision gouvernementale ne relève pas d’une logique économique. Le parti y voit « une pénibilité délibérément imposée aux populations togolaises, dans le but de nourrir des intérêts obscurs. »
Le moment choisi aggrave la portée de la décision. L’ANC décrit une population déjà sous pression, où « l’écrasante majorité des Togolais peine à satisfaire ses besoins les plus élémentaires : se nourrir, se soigner, assurer la scolarité des enfants, se déplacer ou encore se loger dignement. » Dans ce tableau de vie chère généralisée, une hausse du carburant produit des effets en cascade sur les transports, les denrées alimentaires et les produits de première nécessité.
L’ANC pointe particulièrement le sort du pétrole lampant, souvent absent des débats publics sur l’énergie. Ce produit constitue « le principal moyen d’éclairage utilisé dans de nombreuses localités rurales du Togo où les populations demeurent privées d’un accès réel à l’électricité. » Son augmentation frappe donc en premier lieu les foyers les plus vulnérables, ceux que le réseau électrique national n’a jamais atteints.
La question des taxes alimentent également la frustration du parti. Depuis plusieurs années, les consommateurs togolais s’acquittent de prélèvements « prétendument destinés à soutenir la stabilité des prix des produits pétroliers. » Ces contributions n’ont visiblement pas produit l’effet protecteur annoncé. Pour l’ANC, la conclusion est directe : le gouvernement « se préoccupe des intérêts indus à une minorité privilégiée et des réseaux économiques proches du pouvoir, au détriment du bien-être collectif. »
Face à ce constat, l’ANC durcit le ton. Le parti condamne la mesure « avec la plus grande fermeté » et exige « le retrait immédiat » de la hausse. Il réclame également « l’ouverture d’un véritable dialogue social sur le coût de la vie. » Pour mobiliser les populations autour de ces revendications, l’ANC appelle à une action pacifique des travailleurs, des jeunes, des femmes, des transporteurs et des commerçants.
Les nouveaux tarifs en vigueur depuis le 27 mai placent le litre de super sans plomb à 725 FCFA, le gas-oil à 750 FCFA, le pétrole lampant à 1 040 FCFA et le mélange 2 temps à 811 FCFA. Ces chiffres matérialisent concrètement l’impact quotidien que dénonce l’opposition sur les ménages togolais.
