Le corridor routier Kara-Kabou entre le Togo et le Bénin va connaître une transformation profonde. La Banque Africaine de Développement (BAD) a approuvé en mai dernier à Abidjan un financement de 59,78 millions de dollars pour réhabiliter ce tronçon de 78,8 kilomètres. Le Conseil d’administration du Fonds Africain de Développement (FAD), guichet concessionnel du Groupe de la BAD, a validé cette enveloppe lors de sa session de mai.
La répartition du financement reflète la dimension binationale du projet. Le tronçon togolais concentre la plus grande partie de l’enveloppe avec 50,28 millions de dollars alloués par le FAD. Le Bénin reçoit pour sa part 9,5 millions de dollars pour sa portion du corridor. Cette asymétrie s’explique par la longueur respective des sections nationales à réhabiliter.
Les travaux couvrent un tracé précis reliant plusieurs localités. La section frontière du Bénin à Ouaké, puis Kémérida, Soundjina, Kara, Djamdé jusqu’à Kabou sera entièrement réhabilitée. La chaussée sera aménagée en 2×1 voie de 3,5 mètres sur l’ensemble du parcours. La traversée de la ville de Kara bénéficiera d’un traitement particulier avec un élargissement en 2×3 voies pour fluidifier la circulation dans ce nœud urbain.
Au-delà de la route elle-même, le projet intègre des composantes sociales et économiques. Des infrastructures éducatives et socio-économiques seront réalisées ou réhabilitées dans les localités traversées. Cette dimension humaine du projet reconnaît que le développement des territoires dépasse la seule question de la mobilité.
Lamin Barrow, directeur général de la BAD pour l’Afrique de l’Ouest, a explicité les enjeux de cette intervention. « Ce corridor vital contribuera à renforcer la compétitivité économique, accélérer le désenclavement des zones intérieures du Bénin et du Togo et consolider l’intégration sous-régionale », a-t-il déclaré. Cette formulation replace le projet routier dans une vision plus large de transformation économique régionale.
Le financement mobilisé associe plusieurs institutions. Outre le FAD, la Banque Islamique de Développement (BID), l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) et les gouvernements togolais et béninois contribuent au montage financier global. Cette coalition de bailleurs démontre l’importance stratégique accordée à cet axe routier par les partenaires au développement de la région.
Le projet s’inscrit dans la première phase du Programme de Réhabilitation de Routes de Transit et de Facilitation du Transport sur le corridor CU18. Ce corridor relie les zones de production agricole de l’intérieur aux ports et marchés côtiers. Sa réhabilitation réduit les coûts de transport, améliore la compétitivité des produits locaux et facilite les échanges commerciaux entre les 2 pays. Les populations des préfectures de Kara et Dankpen bénéficieront directement d’un meilleur accès aux marchés et aux services.
