L’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS) a réuni du 3 au 6 juin 2026 des experts de la santé, de la recherche et de la réglementation autour d’un objectif commun. Il s’agissait de doter l’espace de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) d’outils partagés capables de faciliter une réponse rapide lors des crises sanitaires.
Cette rencontre régionale a rassemblé des représentants des États membres, des Comités Nationaux d’Éthique pour la Recherche (CNER), des Autorités Nationales de Réglementation des Médicaments (ANRM), des chercheurs ainsi que plusieurs partenaires techniques et financiers. Les échanges ont porté sur les mécanismes à mettre en œuvre afin de mieux encadrer les études scientifiques conduites lors des épidémies.

En effet, les récentes urgences sanitaires survenues en Afrique de l’Ouest, notamment les épisodes liés à Ebola, à la Covid-19 et à d’autres maladies à potentiel épidémique, ont mis en lumière la nécessité d’accélérer l’évaluation des protocoles de recherche tout en préservant les exigences éthiques et réglementaires. Les pays de la région cherchent désormais à disposer de procédures plus cohérentes afin de réduire les délais d’examen et de favoriser une meilleure coordination entre les institutions concernées.
Après quatre jours de travaux, les participants ont validé trois outils régionaux harmonisés. Le premier concerne une liste de contrôle destinée à l’examen éthique des protocoles de recherche. Le deuxième porte sur un protocole de coordination entre les Comités Nationaux d’Éthique pour la Recherche (CNER) et les Autorités Nationales de Réglementation des Médicaments (ANRM). Le troisième établit un cadre régional d’examen accéléré et d’autorisation d’urgence pour les recherches menées lors des épidémies.

Par ailleurs, les experts ont procédé au lancement d’une plateforme régionale de soumission simultanée des protocoles de recherche. Ce dispositif permettra aux promoteurs d’études de transmettre leurs dossiers aux différentes instances nationales concernées au moyen d’un même espace numérique. L’objectif est de simplifier les démarches et de réduire les délais nécessaires à l’évaluation des projets scientifiques impliquant plusieurs pays.
Les participants ont également renouvelé la gouvernance du Réseau Ouest-Africain des Comités Nationaux d’Éthique (WANEC), structure chargée de renforcer la coopération entre les systèmes nationaux d’éthique de la recherche. Le Sénégal assure désormais la présidence du réseau, avec le Nigeria à la vice-présidence et la Gambie au secrétariat exécutif. La Sierra Leone, la Guinée-Bissau et la Côte d’Ivoire occupent pour leur part les fonctions de coordination dédiées aux relations avec les parties prenantes, à la mobilisation des ressources ainsi qu’à la formation et à l’accréditation.
De plus, cette harmonisation régionale répond aux orientations portées par les institutions sanitaires ouest-africaines en matière de préparation aux urgences de santé publique. Elle vise à faciliter le partage des données scientifiques, à améliorer la qualité des évaluations éthiques et à favoriser une collaboration plus étroite entre les États de la CEDEAO lorsque des situations épidémiques nécessitent une mobilisation rapide de la recherche.
À l’issue des travaux, l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS) a réaffirmé sa volonté d’accompagner les États membres dans le renforcement des dispositifs éthiques et réglementaires liés à la recherche. Les outils adoptés constituent désormais une base commune destinée à soutenir une réponse coordonnée face aux défis sanitaires auxquels la région peut être confrontée.
