Par Anani Sossou
Hier nous publions un article bien documenté sur une supposée insécurité alimentaire qui toucherait 330.000 Togolais dans la région des Savanes au Nord Togo, région frappée par une insécurité due au terrorisme. Dans cet article il était clairement établi que les données du PAM reprises par RFI ne sont que des projections et ne répondent en rien aux réalités vécues dans cette partie septentrionale de notre pays.
Chiffres à l’appui, il a été démontré qu’il existe plutôt un excédent céréalier dans les Savanes à cause du moratoire fait par le gouvernement sur l’exportation des céréaliers vers l’extérieur du pays, que les prix des denrées alimentaires sont au plus bas à cause de l’abondance des récoltes et que la grande saison agricole vient à peine de commencer ce qui peut rendre encore les prix plus compétitifs sur le marché. Le commerce interne des céréales est autorisé et parallèlement à cela le gouvernement et des partenaires tels que la Banque mondiale, le PAM ou l’Unicef n’arrêtent pas de porter assistance aux populations vulnérables à travers des programmes bien définis pour des rations alimentaires y compris même des transferts monétiques.
Le PAM aurait dû réagir à la publication du papier de RFI pour déconstruire le narratif d’insécurité alimentaire au nord du Togo au lieu d’attendre qu’un média togolais démontre la fausseté des projections avant de sortir son communiqué. Il apparaît alors évident que l’objectif était peut-être de saboter les efforts fournis par le gouvernement togolais dans sa lutte pour l’autosuffisance alimentaire et qu’en réalité le PAM lançait son alerte pour bénéficier des subsides de ses partenaires étant entendu que son principal donateur le gouvernement américain après le retour de Donald Trump au pouvoir a suspendu toutes les aides aux institutions des Nations Unies.
Lorsqu’on travaille en partenariat avec un gouvernement, il faut être sincère dans ses chiffres et décrire la réalité du terrain au lieu de se lancer dans des spéculations qui discrète pour après faire volte-face.
𝗣𝗿𝗼𝗴𝗿𝗮𝗺𝗺𝗲 𝗮𝗹𝗶𝗺𝗲𝗻𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗺𝗼𝗻𝗱𝗶𝗮𝗹 – 𝗖𝗼𝗺𝗺𝘂𝗻𝗶𝗾𝘂𝗲́ 𝗱𝗲 𝗽𝗿𝗲𝘀𝘀𝗲
AU NORD DU TOGO, LE PAM ET LE GOUVERNEMENT SE MOBILISENT POUR LUTTER CONTRE L’INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE
Le Programme Alimentaire Mondial n’a pas lance d’alerte sur une crise alimentaire au nord du Togo. Selon les derniers résultats du Cadre Harmonisé, publiés en novembre 2025, environ 332.000 personnes pourraient être en situation d’insécurité alimentaire aiguë de (Phase 3) entre juin et août, en l’absence d’assistance. Le Cadre Harmonisé est l’outil régional de référence utilisé en Afrique de l’Ouest et au Sahel, sous l’égide du Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS), pour analyser la situation alimentaire et nutritionnelle des populations.
Il convient toutefois de souligner que ce chiffre ne reflète pas une observation actuelle, mais une projection fondée sur un ensemble d’hypothèses de risque pour la période de soudure. En d’autres termes, l’analyse indique qu’environ 332 000 personnes pourraient basculer dans une situation de crise alimentaire entre juin et août si aucune amélioration significative n’intervient.
Dans le contexte sahélien, ce type de projection repose généralement sur plusieurs facteurs, notamment : i) la diminution des stocks alimentaires à la suite d’une campagne agricole insuffisante ; ii) la hausse saisonnière des prix des denrées de base pendant la période de soudure ; et iii) les effets progressifs des chocs climatiques, sécuritaires et autres vulnérabilités socio-économiques.
Or, au Togo, les données récentes montrent une évolution globalement favorable de la situation alimentaire. Elles mettent notamment en évidence :
des niveaux de production agricole largement supérieurs à ceux de l’année précédente, ainsi qu’à la moyenne des cinq dernières années pour la plupart des spéculations ;
d’importants stocks céréaliers institutionnels et ménagers, comme l’illustre l’offre de mise à disposition de plus de 40 000 tonnes de denrées alimentaires formulée par le Gouvernement au profit du PAM ;
une baisse des prix des principales denrées alimentaires de base, notamment le maïs, le sorgho et le niébé observée sur les marchés au 30 avril 2026 ;
une accalmie sur le plan sécuritaire ayant favorisé dans certaines localités les retours de populations déplacées
Par ailleurs, l’analyse du Cadre Harmonisé est établie sur l’hypothèse d’une absence de réponse susceptible d’atténuer les risques identifiés.
Au Togo, le Gouvernement, avec l’appui de ses partenaires, dont le Programme alimentaire mondial (PAM), déploie une réponse intégrée combinant assistance d’urgence, renforcement de la résilience et actions de développement. Cette réponse est coordonnée dans le cadre du Programme d’Urgence pour le Renforcement de la résilience dans la région des Savanes (PURS).
