Le Togo engage une nouvelle approche de la gestion des finances publiques en plaçant les réalités démographiques au cœur de la préparation du budget. En phase pilote dès 2026, la budgétisation sensible au dividende démographique (BSDD) doit permettre d’orienter les dépenses publiques vers des investissements capables de renforcer le capital humain et de soutenir la croissance économique sur le long terme.
Cette démarche réunit cinq ministères, à savoir ceux de la Santé et de l’Hygiène publique, des Enseignements primaire et secondaire, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, du Développement à la base, de l’Inclusion financière, de la Jeunesse et de l’Emploi des jeunes, ainsi que celui de la Réforme du service public, du Travail et du Dialogue social. L’Assemblée nationale participe également à cette expérimentation.
Désormais, la préparation budgétaire ne repose plus uniquement sur les besoins immédiats. Elle prend aussi en compte les évolutions de la population afin d’adapter les investissements aux défis futurs. Cette méthode s’inspire des principes promus par le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), qui encourage les États à intégrer les données démographiques dans les politiques publiques pour mieux exploiter le potentiel de leur population.
Le principe est de faire de la dynamique démographique un levier de développement. Chaque année, une population jeune rejoint les établissements scolaires, les universités ou le marché de l’emploi. Cette évolution appelle des réponses adaptées dans plusieurs secteurs, notamment l’éducation, la santé, la formation professionnelle et la création d’emplois.
La BSDD s’appuie sur quatre piliers complémentaires. Le premier concerne le développement du capital humain à travers des investissements dans la santé, l’éducation et le renforcement des compétences. Le deuxième porte sur la gouvernance, avec des institutions capables de planifier les politiques publiques à partir d’indicateurs démographiques fiables. Le troisième vise à favoriser une économie créatrice d’emplois et d’opportunités pour les jeunes ainsi que pour les femmes. Enfin, le quatrième met l’accent sur les réseaux sociaux et professionnels afin de consolider la cohésion sociale et les mécanismes d’accompagnement des populations.
Le choix des administrations associées à cette phase pilote répond à cette logique. Les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’enseignement supérieur, du développement à la base et de la fonction publique interviennent directement sur les facteurs qui influencent le dividende démographique. Leur coordination doit faciliter une meilleure allocation des ressources publiques selon les besoins de la population.
Par ailleurs, cette expérimentation ouvre la voie à une planification davantage fondée sur les données démographiques. En reliant les décisions budgétaires aux évolutions de la population, le gouvernement entend mieux préparer les investissements publics et renforcer l’efficacité des politiques de développement au bénéfice des générations actuelles et futures.
