La lutte contre les flux financiers illicites, le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme sera au cœur de la troisième édition de la Grande Rencontre des Compliance et Risk Officers (GRCRO). Prévue les 8 et 9 juillet 2026 à l’Hôtel 2 Février, la rencontre réunira plus d’un millier de participants venus de plus de 46 pays autour du thème « La fraude, la corruption et les autres infractions sous-jacentes au blanchiment des capitaux et au financement du terrorisme à l’ère de l’intelligence artificielle ».

Parmi les personnalités attendues figure la sénatrice française Nathalie Goulet. Membre du Sénat français et vice-présidente du groupe d’amitié France-Afrique de l’Ouest, elle est reconnue pour ses travaux sur les circuits financiers clandestins, la criminalité transnationale et les mécanismes de financement des organisations terroristes. Auteure de l’ouvrage L’Argent du terrorisme, elle prendra la parole lors d’une keynote consacrée à « Lutte contre le blanchiment et contre la gangsterisation, état des lieux, trafic d’or, trafic de migrants et contrefaçon ».
Son intervention portera sur plusieurs phénomènes qui alimentent les économies criminelles à l’échelle internationale. Le trafic d’or, devenu une source importante de revenus pour certains réseaux organisés, les filières de migration irrégulière, la contrefaçon ou encore les circuits de blanchiment constituent désormais des préoccupations partagées par les autorités européennes et africaines. Ces activités génèrent chaque année des milliards de dollars de revenus illicites qui circulent au-delà des frontières grâce à des montages financiers de plus en plus élaborés.
Les échanges de la GRCRO accorderont aussi une place centrale aux mutations provoquées par l’intelligence artificielle. Les institutions financières, les autorités de contrôle et les cellules de renseignement financier utilisent désormais ces technologies pour renforcer la surveillance des transactions, automatiser l’analyse des risques, améliorer les procédures de connaissance du client (Know Your Customer – KYC) et détecter plus rapidement les opérations inhabituelles. À l’inverse, les groupes criminels exploitent également les capacités offertes par les outils numériques pour masquer leurs activités, produire de faux documents, usurper des identités ou déplacer des fonds avec davantage de discrétion.
Cette évolution conduit les États et les organismes de supervision à adapter leurs dispositifs. En Europe, le paquet législatif adopté par l’Union européenne prévoit une harmonisation plus poussée des règles de lutte contre le blanchiment de capitaux ainsi que la mise en place de l’Autorité européenne de lutte contre le blanchiment d’argent (AMLA), chargée d’assurer une supervision directe de certains établissements financiers à risque. Cette réforme traduit une volonté de renforcer la coopération entre les autorités nationales et d’améliorer la circulation des informations financières.
Du côté africain, plusieurs pays poursuivent la modernisation de leurs cadres juridiques sous l’impulsion du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), organisme spécialisé de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ainsi que des Cellules nationales de traitement des informations financières (CENTIF). Les réformes engagées visent notamment à intégrer les recommandations du Groupe d’action financière (GAFI), référence internationale en matière de prévention du blanchiment de capitaux, du financement du terrorisme et du financement de la prolifération des armes de destruction massive. Quant à l’Autorité des Marchés Financiers de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (AMF-UMOA), elle veille à l’organisation et au bon fonctionnement du marché financier régional commun aux huit États membres de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA).
La participation de Nathalie Goulet illustre cette volonté de rapprocher les expériences européennes et africaines autour d’enjeux qui dépassent largement les frontières nationales. Les échanges permettront de confronter les approches réglementaires, les méthodes d’investigation financière, les mécanismes de coopération judiciaire ainsi que les solutions développées par les établissements financiers pour limiter les risques liés à la criminalité économique.
Magistrats, procureurs, autorités de régulation, responsables de conformité, banques, établissements financiers, compagnies d’assurance, experts en cybersécurité, spécialistes du renseignement financier et représentants d’organisations internationales partageront leurs analyses durant deux jours. Les discussions porteront également sur la gouvernance, l’éthique des affaires, les exigences de conformité, les sanctions financières ciblées ainsi que les défis liés aux cryptoactifs et aux nouveaux moyens de paiement.
Organisée par l’Association Togolaise des Compliance Officers (ATCO), l’Africa Compliance Academy (ACA) et la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF-Togo), la GRCRO bénéficie du haut patronage du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé. La rencontre réunit des acteurs publics et privés autour d’un même objectif, celui de renforcer les échanges entre les différentes juridictions face à des réseaux criminels dont les activités dépassent désormais les frontières régionales.
Par la diversité des délégations annoncées et la portée internationale des thématiques retenues, la GRCRO 2026 confirme le rôle du Togo comme cadre de dialogue entre institutions africaines, européennes et partenaires internationaux sur les questions liées à la conformité, à la régulation financière et à la coopération contre les flux financiers illicites.
