Le Togo s’apprête à accueillir une conférence internationale de haut niveau consacrée aux partenariats public-privé (PPP), le 3 septembre prochain. L’information a été dévoilée ce mercredi 8 juillet en Conseil des ministres sous la présidence du Président du Conseil, Faure Éssozimna Gnassingbé. Cette tribune réunira décideurs publics, acteurs financiers et experts du continent, une occasion pour le gouvernement togolais de consolider sa réputation de plateforme économique régionale.
Les partenariats public-privé représentent un modèle de financement où le secteur privé concourt à réaliser des infrastructures publiques. Plutôt que de construire seul avec des fonds budgétaires limités, l’État confie à des opérateurs privés la conception, la construction, l’exploitation et parfois le financement d’un projet routier, électrique, portuaire ou sanitaire. En contrepartie, le secteur privé obtient des revenus garantis par contrats.
Ce modèle attire les États en raison de sa double promesse. Premièrement, il libère les budgets publics pour d’autres dépenses comme l’éducation ou la santé. Deuxièmement, il apporte l’expertise gestionnaire du secteur privé, réputée plus efficace en exécution et en maintenance. Les pays asiatiques et latino-américains l’ont éprouvé pour construire des routes, des ports et des aéroports.
En Afrique, les PPP demeurent moins utilisés, mais gagnent en intérêt. Les gouvernements africains reconnaissent que leur capacité budgétaire à financer des infrastructures massives s’épuise face à des besoins croissants. Le port autonome de Dakar au Sénégal, le port de Tema au Ghana et d’autres installations majeures fonctionnent sous modèle PPP. Le Togo, avec son Port Autonome déjà bien performant, a l’expérience et la crédibilité pour participer à ces débats continentaux.
La conférence bénéficiera du partenariat avec le Club PPP MedAfrique, réseau panarfricain de praticiens. Cet ancrage donne du poids aux débats et attire une audience qualifiée. Les ministres des Finances de plusieurs États, les directeurs de banques de développement et les PDG des sociétés de construction se rassembleront pour échanger bonnes pratiques.
Les enjeux qu’elle abordera intéressent directement le Togo. Comment sécuriser les contrats PPP face aux risques politiques et monétaires ? Comment attirer des financiers privés sur des projets en Afrique où les rendements exigés demeurent élevés ? Comment garantir que les PPP bénéficient aux populations plutôt que d’enrichir des élites ?
L’accueil de cette conférence signale aux investisseurs que le Togo met l’infrastructure au cœur de sa stratégie de croissance. Un gouvernement qui organise des forums internationaux sur le financement d’infrastructures révèle son sérieux et son ouverture. Les entrepreneurs notent ces signaux ; ils évaluent si investir dans ce pays recèlera des opportunités.
Le Togo partira avec des avantages comparatifs. Son statut de plateforme logistique ouest-africaine, son port classé parmi les plus efficients du continent et sa localisation géographique centrale en font un hub natural. Des opérateurs privés étudient déjà comment renforcer les zones franches de Lomé, comment moderniser les routes d’accès au port, comment développer des zones de stockage. Les PPP constituent un chemin financier vers ces ambitions.
Les ministères togolais ont reçu l’instruction de mobiliser leurs ressources. Les infrastructures stratégiques seront identifiées, les dossiers techniques préparés, et les capacités de négociation renouvelées. Au-delà de septembre, cette conférence dégagera des priorités que le gouvernement incorporera dans ses plans d’investissement à moyen terme.
Cette initiative reflète aussi une prise de conscience africaine. Le continent détient 60 pour cent des terres arables non exploitées, mais ses infrastructures échouent à soutenir l’agriculture commerciale. Ses villes connaissent des carences d’eau et d’électricité. Ses routes enclavent les zones rurales. Les PPP, bien structurés, offrent une voie pour combler ces déficits sans compromettre les finances publiques.
