L’Université de Lomé a accueilli début juillet un moment académique remarqué. Deux officiers supérieurs de la magistrature militaire togolaise et un officier de la Gendarmerie nationale ont soutenu leurs thèses de doctorat avec la mention la plus élevée, Très Honorable, devant un jury mêlant chercheurs locaux et internationaux.

La cérémonie s’est déroulée les 3 et 4 juillet au Centre d’Études et de Recherches en Sciences Administratives (CERSA), une structure rattachée à l’université. Le Garde des Sceaux togolais, ministre de la Justice et de la Législation, Maître Pacôme Adjourouvi, a assisté aux soutenances, entouré de magistrats, d’universitaires et des familles des candidats.
Les trois recherches abordent des problématiques qui dépassent largement les frontières nationales. Le Procureur militaire Meleou Kpatchaa a consacré ses travaux à la protection des données personnelles dans un contexte de lutte antiterroriste, en comparant les législations du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Niger et du Togo. Un sujet qui résonne avec les débats mondiaux sur l’équilibre entre sécurité collective et droits individuels.

Le magistrat militaire Bidé Akawilou s’est penché sur l’immigration clandestine en mer Méditerranée, l’une des routes migratoires les plus surveillées et les plus mortelles au monde. Son analyse a été reconnue pour sa rigueur méthodologique et l’originalité de son approche.
Le Capitaine Sambiani Dambé, commandant de compagnie de gendarmerie à Tabligbo, a clôturé la série avec une thèse sur le terrorisme et l’extrémisme violent au Sahel, une zone qui concentre depuis plusieurs années l’attention des organisations internationales et des chercheurs en sécurité. Face à un jury composé de professeurs de droit et de science politique venus de plusieurs pays, il a présenté une analyse jugée solide sur les dynamiques régionales.

Ces travaux illustrent une tendance observée dans plusieurs armées africaines. Des officiers en activité choisissent de compléter leur formation opérationnelle par une recherche universitaire approfondie, produisant ainsi une littérature scientifique nourrie par une expérience de terrain rare.
Le Professeur Kossivi Hounaké, président de l’Université de Lomé, a supervisé cet encadrement scientifique aux côtés du corps enseignant-chercheur de l’établissement. L’université togolaise, déjà reconnue dans la sous-région ouest-africaine, consolide ainsi sa position dans les études de sécurité et de droit public appliqué.
Les sujets traités, terrorisme transnational, protection des données et migrations, figurent parmi les priorités de recherche identifiées par plusieurs institutions multilatérales, notamment les Nations Unies et l’Union africaine. Cette convergence entre préoccupations locales et enjeux globaux confère à ces travaux une portée qui dépasse le cadre strictement togolais.
Pour les trois nouveaux docteurs, la double compétence acquise, opérationnelle et académique, ouvre des perspectives concrètes. Elle leur permet de contribuer aux réflexions juridiques et stratégiques que nécessitent des menaces sécuritaires de plus en plus complexes, qu’il s’agisse de cybercriminalité, de trafics transfrontaliers ou de mouvements de population à grande échelle.
