La préparation du quatrième cycle de l’Examen périodique universel (EPU) entre dans sa phase décisive. Réunie en atelier de validation, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a choisi d’associer l’ensemble des acteurs concernés afin d’aboutir à un rapport qui reflète avec fidélité la situation nationale. Cette démarche collective précède la présentation officielle du document devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, prévue à Genève en janvier 2027.
Pendant deux jours, représentants des ministères, institutions publiques, collectivités territoriales, autorités traditionnelles, organisations de la société civile, associations de défense des droits de l’homme ainsi que partenaires techniques et financiers examinent le contenu du rapport. Les échanges visent à enrichir le document avant sa transmission aux Nations unies.
L’atelier ne porte pas uniquement sur le quatrième rapport de l’EPU. Les participants procèdent aussi à la relecture du deuxième et du troisième rapports relatifs au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC), ainsi qu’à l’examen des huitième à dixième rapports sur la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF).
Cette phase de validation illustre la volonté de consolider un document fondé sur des contributions diversifiées. Le mécanisme de l’EPU, instauré par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies en 2008, repose sur un dialogue entre les États et sur une évaluation régulière des engagements pris en matière de droits humains. Tous les États membres de l’Organisation des Nations unies (ONU) y sont soumis selon un calendrier défini.
Prenant la parole à l’ouverture des travaux, la représentante du représentant résident du Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, Mme Yaye Ba, a salué le travail accompli par les autorités togolaises, la CNDH, les défenseurs des droits de l’homme et la commission technique de rédaction pour conduire le processus jusqu’à cette étape de validation.
La vice-présidente de la CNDH, Mme Aissah-Assih Ashira Tembe, a rappelé l’importance des contributions attendues durant les travaux. « La crédibilité de ce rapport dépendra de la qualité de vos observations, de la rigueur de vos analyses ainsi que de notre volonté commune de produire un document fidèle à la réalité nationale, équilibré et conforme aux principes d’indépendance, d’impartialité, d’objectivité et de crédibilité qui fondent l’action de la commission », a-t-elle déclaré.
De son côté, le secrétaire général de la CNDH, M. Narteh-Messan Komlan, a indiqué que le quatrième cycle de l’EPU permettra d’apprécier le niveau de mise en œuvre des 182 recommandations acceptées par le Togo sur les 224 formulées à l’issue du précédent examen.
« L’exercice qui nous réunit aujourd’hui sera de parcourir l’ensemble de ces recommandations pour voir ce qui a été fait durant cinq ans, relever les défis persistants et formuler des recommandations afin de permettre au Togo de poursuivre dans l’élan des progrès réalisés », a-t-il expliqué.
Il a également évoqué plusieurs défis qui demeurent, notamment la surpopulation des établissements pénitentiaires et la persistance du travail des enfants dans certaines localités. Parallèlement, il a relevé des évolutions enregistrées dans plusieurs domaines, parmi lesquelles le déploiement de l’Assurance maladie universelle (AMU), le renforcement de la protection sociale, les actions en faveur des droits civils et politiques ainsi que les initiatives liées à la préservation de l’environnement.
À travers ce processus de consultation, la CNDH entend présenter un rapport nourri par les contributions des différents acteurs nationaux. L’objectif est de mettre en lumière les résultats obtenus, d’identifier les défis qui subsistent et de proposer des pistes d’amélioration avant le passage du Togo devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies en janvier 2027.
