Le Togo poursuit la modernisation de ses filières café et cacao en associant le renouvellement des vergers à un travail de fond sur la qualité des récoltes. Cette orientation, portée par le Comité de coordination pour les filières café et cacao (CCFCC), vise à renforcer la compétitivité des productions nationales tout en améliorant les revenus des près de 400 000 producteurs qui vivent de ces deux cultures. Les filières représentent 1,4 % du produit intérieur brut (PIB) et 5,5 % de la valeur ajoutée agricole.
Le premier levier repose sur la mise à disposition de matériel végétal. Dans le cadre de la campagne 2026, le Comité de coordination pour les filières café et cacao (CCFCC) a distribué 398 240 plants aux membres de la Fédération des unions de producteurs de café et de cacao du Togo (FUPROCAT), du Syndicat indépendant des acheteurs de café et de cacao du Togo (SIACCTO) ainsi qu’à des producteurs indépendants, notamment ceux touchés par les feux de végétation. Cette dotation comprend 177 200 plants de cacao, 106 540 plants de café et 114 500 essences agroforestières.
Depuis le lancement de ce programme en 2021, 939 740 plants ont été remis aux producteurs. Cette action a permis de renouveler près de 705 hectares de plantations. Elle répond aux objectifs du Plan de développement café et cacao (PDCC), qui prévoit une amélioration durable de la productivité, de la qualité et de la durabilité des deux filières à l’horizon 2030.
En parallèle, les investissements concernent désormais le traitement post-récolte. À Abréwankor, dans la préfecture de Wawa, un centre dédié au cacao de haute qualité a été construit par le Comité de coordination pour les filières café et cacao (CCFCC). Le site dispose d’un magasin de stockage d’une capacité de 25 tonnes, d’un hall de fermentation de 78 mètres carrés, de cinq tunnels de séchage, d’un système d’alimentation en eau potable ainsi que d’une alimentation solaire. Deux motos et deux tricycles facilitent également la collecte des fèves dans treize villages. Dès la première campagne, l’objectif est d’atteindre une production d’environ 100 tonnes de cacao destiné aux marchés spécialisés.
Cette démarche a été renforcée avec l’ouverture, au début du mois de juin 2026, d’un second centre de traitement post-récolte à Mpoti, dans la commune de Blitta 3. Ces équipements répondent aux exigences des acheteurs internationaux en matière de fermentation, de séchage, de traçabilité et de qualité des fèves.
Les résultats obtenus trouvent déjà un écho sur la scène internationale. Lors de l’édition 2025 du concours Cocoa of Excellence, deux producteurs togolais ont reçu une médaille d’or dans la catégorie Afrique et Océan Indien. Cette distinction récompense la qualité des fèves évaluées selon des critères rigoureux de fermentation, de séchage et de profil aromatique.
Les performances commerciales suivent la même tendance. Au terme de la campagne 2024-2025, le Togo a exporté 28 500 tonnes de café et de cacao, soit 4 400 tonnes de café et 24 100 tonnes de cacao. Lors de la campagne précédente, les volumes étaient de 2 618 tonnes de café et 11 182 tonnes de cacao. Cette progression traduit les effets conjugués du renouvellement des plantations, de l’amélioration des pratiques culturales et du renforcement des dispositifs de traitement post-récolte.
Créé en 1996, le Comité de coordination pour les filières café et cacao (CCFCC) assure la coordination des actions de développement, l’accompagnement des producteurs, l’organisation de la commercialisation et le suivi des programmes destinés aux deux filières. À travers ces actions, le café et le cacao togolais consolident progressivement leur position sur les marchés grâce à une production mieux structurée et à une qualité davantage reconnue.
