Le Togo engage une opération nationale de recensement des acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) afin de mieux connaître ce secteur et de renforcer son accompagnement. Cette démarche vise à établir une base d’informations sur les coopératives, mutuelles, associations économiques et groupements communautaires actifs sur le territoire.
Portée par le ministère du Développement à la base, de l’Inclusion financière, de la Jeunesse et de l’Emploi des jeunes, chargé de l’Économie sociale et solidaire, cette initiative doit permettre d’identifier les différentes organisations qui participent à la création de revenus et au développement des communautés.
Le recensement repose sur la collecte de données auprès des structures concernées. Les informations recueillies permettront de mieux mesurer la contribution de l’ESS à l’économie nationale et d’adapter les programmes publics aux besoins des acteurs.
Un secteur au service de l’inclusion économique
L’économie sociale et solidaire regroupe des organisations dont le fonctionnement repose sur la coopération, la solidarité et la recherche d’un bénéfice collectif. Au Togo, elle intervient dans plusieurs domaines comme l’agriculture, l’artisanat, la transformation agroalimentaire, le commerce, les services et la finance inclusive.
Dans les zones rurales comme urbaines, les structures de l’ESS participent à la création d’activités génératrices de revenus. Elles permettent aussi à des producteurs, artisans et entrepreneurs d’unir leurs moyens pour accéder plus facilement à certains services, notamment les financements, les équipements et les marchés.
L’agriculture constitue l’un des principaux secteurs d’activité des organisations de l’économie sociale et solidaire. Les coopératives agricoles jouent un rôle dans l’organisation des producteurs et la valorisation des filières locales.
Selon les données de l’Institut de conseil et d’appui technique (ICAT), le Togo compte plus de 1 400 coopératives agricoles regroupant près de 3 000 producteurs. Ces organisations contribuent au développement de plusieurs filières, notamment le soja, le café, le cacao, l’anacarde, le riz et le maraîchage.
La finance inclusive accompagne également cette dynamique. Le secteur de la microfinance facilite l’accès aux services financiers pour plusieurs catégories de la population. À fin 2025, les institutions de microfinance comptaient plus de 4,69 millions de bénéficiaires. Les dépôts collectés s’élevaient à 447,5 milliards de francs CFA, tandis que les crédits accordés dépassaient 352 milliards de francs CFA.
Des initiatives locales qui renforcent les chaînes de valeur
Au-delà de l’agriculture, l’économie sociale et solidaire participe au développement de la transformation des produits locaux. Plusieurs groupements, notamment féminins, développent des activités autour du manioc, du soja, du maïs, du karité et des produits halieutiques.
La filière soja illustre cette évolution. Elle rassemble plus de 200 entreprises et coopératives engagées dans la production, la transformation et la commercialisation. Cette chaîne de valeur génère un chiffre d’affaires annuel estimé à 182 milliards de francs CFA.
Dans l’artisanat également, les organisations collectives contribuent à la création d’activités et à la transmission des savoir-faire. Les regroupements professionnels facilitent l’accès aux formations, aux équipements et aux débouchés commerciaux.
Une meilleure connaissance pour mieux accompagner les acteurs
Avec le recensement national en cours, les autorités cherchent à disposer d’une vision plus précise de l’écosystème de l’économie sociale et solidaire. Les résultats attendus doivent servir à orienter les politiques publiques et à renforcer les dispositifs d’appui destinés aux structures concernées.
La consolidation des données sur les coopératives, associations économiques et autres organisations permettra aussi de mieux apprécier leur contribution dans la création d’emplois, la production locale et l’inclusion financière.
Au fil des années, l’ESS occupe une place croissante dans les stratégies de développement local au Togo. La structuration de ce secteur constitue un levier pour accompagner les initiatives collectives et soutenir les activités économiques portées par les communautés.
