Le développement des infrastructures demeure l’une des conditions essentielles à l’intégration économique en Afrique de l’Ouest. Réunis à Abidjan à l’occasion de la cinquième édition du Forum des parties prenantes des partenariats public-privé (PPP) dans le domaine des infrastructures, les décideurs de la région ont renouvelé leur engagement en faveur de projets capables de soutenir la croissance et les échanges au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
À l’ouverture des travaux, le Commissaire aux Affaires économiques et à l’Agriculture de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Dr Kalilou Sylla, a rappelé les ambitions de l’organisation pour les prochaines décennies. Selon lui, « dans 75 ans, la CEDEAO comptera trois de ses membres parmi les pays les plus riches du monde ». Il a toutefois précisé que cette perspective dépendra de la capacité de la région à combler son déficit en infrastructures.

Dr Kalilou Sylla a souligné que les réseaux de transport, d’énergie, les infrastructures numériques ainsi que les ouvrages liés aux ressources en eau constituent des leviers indispensables pour faciliter la circulation des personnes, des marchandises, des services et des capitaux. À ses yeux, ces investissements représentent également une condition pour renforcer le commerce intrarégional et consolider le marché commun ouest-africain.
Cette ambition s’appuie désormais sur le Schéma directeur des infrastructures régionales de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), adopté afin de guider les investissements jusqu’en 2045. Ce document recense 201 projets prioritaires répartis entre plusieurs secteurs stratégiques. Cinquante-six concernent les transports, cent quinze portent sur l’énergie, quinze visent l’économie numérique et quinze autres sont consacrés aux ressources en eau. L’ensemble représente un portefeuille évalué à près de 131 milliards de dollars américains.
Le forum d’Abidjan a également mis en lumière le rôle des partenariats public-privé dans la mobilisation des financements. Ce mode de coopération permet aux États de s’appuyer sur l’expertise et les capacités d’investissement du secteur privé pour accélérer la réalisation d’infrastructures répondant aux besoins des populations et des économies nationales. Les institutions financières régionales et internationales accordent d’ailleurs une attention croissante à la préparation de projets dits « bancables », c’est-à-dire techniquement solides, financièrement viables et conformes aux exigences des investisseurs.

La rencontre a réuni des représentants des gouvernements, des institutions communautaires, des partenaires techniques et financiers ainsi que des opérateurs privés. Les échanges ont porté sur les mécanismes de financement, l’amélioration du cadre réglementaire et les solutions susceptibles de renforcer l’attractivité des projets d’infrastructures dans l’espace communautaire.
À travers cette dynamique, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) entend créer les conditions d’un développement mieux connecté, capable de soutenir les échanges commerciaux, l’industrialisation et la compétitivité de l’ensemble de ses États membres.
