La Banque africaine de développement (BAD) prévoit d’accorder au Togo un don d’un million de dollars afin de soutenir les réfugiés, les personnes déplacées internes et les communautés hôtes de la région des Savanes. Cette aide, qui reste soumise à l’approbation du Conseil d’administration de l’institution financière, permettra de financer un projet d’urgence mis en œuvre par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), en collaboration avec la Commission nationale d’assistance aux réfugiés (CNAR), le Programme d’urgence pour la région des Savanes (PURS) et plusieurs partenaires nationaux.
Ce financement vient appuyer les efforts déjà engagés par les autorités togolaises et leurs partenaires face aux répercussions de la crise sécuritaire qui touche le Sahel. Depuis plusieurs années, la région des Savanes accueille un nombre croissant de réfugiés et de déplacés internes, ce qui exerce une forte pression sur les infrastructures, les services sociaux et les ressources locales.
D’après les données de la BAD, plus de 55 000 réfugiés et près de 16 000 déplacés internes vivent actuellement dans cette partie du pays. En tenant compte des communautés hôtes, environ 1,9 million de personnes subissent indirectement les conséquences de cette situation.
Les évaluations de la Banque montrent également que plus de la moitié des ménages font face à une insécurité alimentaire, tandis qu’une grande partie des habitations nécessite des travaux de réhabilitation. Les femmes représentent par ailleurs entre 60 % et 65 % des chefs de ménages déplacés, avec des besoins particuliers en matière de protection et d’accès aux services essentiels.
Dans son document d’évaluation, la BAD souligne que « sans investissements urgents, la détérioration des conditions de vie risque d’aggraver la pauvreté, d’alimenter les tensions entre populations déplacées et hôtes, et de compromettre la stabilité dans le nord du Togo ».
Le projet prévoit plusieurs actions destinées à améliorer les conditions de vie des bénéficiaires. Mille ménages recevront notamment des kits de réhabilitation composés de ciment, de tôles et de pointes pour la remise en état de leurs abris. À cela s’ajoute la distribution d’articles essentiels, notamment des ustensiles de cuisine, des seaux, des moustiquaires, des couvertures, des nattes et des lampes solaires.
L’enveloppe financière couvrira aussi des prestations liées à l’enregistrement des réfugiés, aux services logistiques, aux formations ainsi qu’à l’accompagnement économique. Des actions de prévention des violences basées sur le genre et un appui opérationnel figurent également parmi les composantes du programme.
Une attention particulière sera accordée à l’autonomisation des femmes. Le projet prévoit la création ou le renforcement de dix coopératives féminines, avec des formations en gestion, en gouvernance et en entrepreneuriat. Les bénéficiaires recevront aussi un appui pour développer des activités génératrices de revenus et faciliter leur accès aux chaînes de valeur ainsi qu’aux institutions financières. À ce sujet, la BAD précise que « le projet soutiendra la création et/ou le renforcement de 10 coopératives dirigées par des femmes ».
Ce futur don vient compléter les actions déjà en cours dans la région des Savanes. En début d’année, le Programme d’urgence pour la région des Savanes (PURS) a lancé son plan de réponse 2026-2027, évalué à 18 milliards de francs CFA, avec pour objectif de répondre aux besoins de plus de 430 000 personnes vulnérables. Les Nations unies ont également renforcé leur dispositif avec l’ouverture d’un bureau à Dapaong afin de faciliter la coordination des interventions.
Par ailleurs, plusieurs partenaires poursuivent leurs investissements dans cette partie du pays. En juin dernier, le projet Savanes Kpaadu, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par Plan International, a été lancé avec une enveloppe de 1,9 milliard de francs CFA. Il prévoit notamment un accompagnement de plus de 1 100 jeunes et femmes dans le développement d’activités économiques, tout en soutenant l’éducation, la protection et la cohésion sociale.
Si le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement (BAD) valide cette proposition, ce financement viendra renforcer les réponses déjà déployées au profit des populations touchées dans la région des Savanes, avec un appui orienté à la fois vers les besoins immédiats et le développement de moyens de subsistance durables.
