Le Togo renforce son dispositif de conservation de la biodiversité avec l’appui de l’Union européenne et du Grand-Duché de Luxembourg. Le programme PALCC+/INCLURE mobilise des moyens humains, matériels et techniques autour de plusieurs espaces naturels, avec une attention portée aux communautés riveraines et aux activités économiques liées à la préservation des ressources.
La sauvegarde des écosystèmes togolais prend une dimension plus territoriale. Dans plusieurs régions du pays, les actions menées avec l’appui de la Team Europe associent désormais surveillance des espaces naturels, restauration des paysages et amélioration des conditions de vie des populations.

Cette dynamique repose notamment sur le Programme d’Appui à la Lutte contre le Changement Climatique, à la Protection de la Biodiversité et à l’Agroécologie (PALCC+) et l’Initiative pour la Croissance Locale, l’Utilisation Responsable des Ressources et l’Équilibre des Écosystèmes protégés (INCLURE). Financés par l’Union européenne (UE) et le Grand-Duché de Luxembourg, avec l’appui de Lux-Development (LuxDev), ces dispositifs s’intègrent à l’initiative NaturAfrica.
Le champ d’action couvre plusieurs zones naturelles du pays. Il concerne notamment le parc national de Fazao-Malfakassa, la réserve de faune d’Abdoulaye et le complexe d’aires protégées de Togodo. D’autres espaces, dont la forêt classée de Missahoé et la réserve de faune de Djamdè, font également partie de cette dynamique qui touche vingt-cinq communes dans les régions Maritime, Plateaux, Centrale et Kara.

Sur le terrain, le renforcement des moyens de travail accompagne cette politique. En juin 2026, des véhicules pick-up et des motos ont été remis aux services chargés de la gestion des aires protégées. Vingt-cinq nouveaux rangers ont aussi rejoint les équipes affectées au parc national de Fazao-Malfakassa et à la réserve de faune d’Abdoulaye. Ces ressources doivent faciliter les opérations de surveillance et la lutte contre le braconnage ainsi que d’autres pressions qui pèsent sur les espaces naturels.
Par ailleurs, la présence opérationnelle se renforce à l’intérieur du pays. L’installation d’un bureau régional à Sokodé permet aux équipes de rester plus proches des zones d’intervention. Le dispositif prévoit aussi un accompagnement technique et administratif des aires protégées, avec des missions régulières à Fazao-Malfakassa, Abdoulaye et Togodo.
La surveillance s’appuie également sur des outils scientifiques. À Fazao-Malfakassa, le suivi de la faune par pièges photographiques contribue à mieux connaître les espèces présentes et leur évolution. Des actions de reboisement participent, de leur côté, à la restauration de la couverture végétale.

Toutefois, la démarche ne se limite pas à la conservation des espaces naturels. Le programme accorde aussi une place aux communautés riveraines. La promotion de l’agroécologie, la valorisation durable des ressources et le développement de filières économiques respectueuses des écosystèmes doivent contribuer à diversifier les sources de revenus. La gestion des déchets et l’amélioration du cadre de vie complètent ce volet consacré au développement local.
Cette approche rejoint les orientations du gouvernement togolais en matière de gestion des aires protégées. En mars 2025, l’ancien ministre de l’Environnement et des Ressources forestières, Foli-Bazi Katari, soulignait la nécessité d’associer les populations riveraines à la préservation des espaces naturels. « La priorité du gouvernement est d’organiser et d’aménager les aires protégées afin qu’elles soient bien entretenues et surveillées, avec l’implication des populations riveraines », avait-il déclaré.
Du côté européen, l’accent est également mis sur la réponse collective aux défis climatiques. Lors de la Journée de l’Europe, l’ambassadeur de l’Union européenne au Togo, Gwilym Ceri Jones, avait déclaré que « la crise climatique est là » et que la nécessité de partenariats internationaux pour y répondre était « évidente et impérieuse ». Il avait aussi évoqué l’ambition commune d’accélérer les investissements en faveur du climat et de la protection de la biodiversité.
Avec PALCC+/INCLURE, la conservation des ressources naturelles se rapproche ainsi des réalités locales. La surveillance des espaces protégés, la connaissance de la faune, la restauration des paysages et le soutien aux activités économiques durables avancent de manière complémentaire. Le dispositif contribue aussi à consolider les capacités nationales de gestion des aires protégées, tout en donnant une place accrue aux territoires et aux communautés qui vivent à proximité de ces espaces.
