Renforcer la protection des innovations figure désormais parmi les leviers mobilisés pour accroître la compétitivité des entreprises agricoles togolaises. Réunis pour une session de formation à l’initiative de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), une trentaine d’entrepreneurs approfondissent leurs connaissances sur les outils de propriété intellectuelle afin de mieux sécuriser leurs créations et faciliter leur accès à de nouveaux débouchés.
Durant deux jours, les participants se familiarisent avec les mécanismes liés aux brevets, aux marques ainsi qu’aux recherches d’antériorité. L’objectif est de leur permettre de protéger leurs innovations dès leur conception et de mieux tirer profit de leurs investissements. Cette démarche répond à un besoin réel, plusieurs porteurs de projets développant encore des produits ou des procédés sans mettre leurs actifs immatériels à l’abri.
Par ailleurs, cette rencontre complète un cycle de renforcement des capacités déjà consacré aux exigences fiscales et aux normes de qualité. L’accent est désormais porté sur la propriété intellectuelle, considérée comme un facteur de valorisation des produits agricoles et de consolidation des entreprises.
« Les chaînes de valeur restent faiblement professionnalisées et insuffisamment intégrées aux marchés national et international. Il est donc essentiel d’accompagner les acteurs vers davantage de formalisation », a déclaré Kodjovi Edi Tetevi, spécialiste agriculture, résilience et entrepreneuriat rural des jeunes à l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Dans le même esprit, Roland Bannie Kanda, conseil en propriété intellectuelle agréé auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), invite les entrepreneurs à intégrer cette dimension dès les premières étapes de leurs projets. « On ne peut plus entreprendre aujourd’hui sans intégrer les questions de propriété intellectuelle. Avant même d’innover, il faut vérifier ce qui existe déjà afin d’éviter des investissements qui ne pourront pas être protégés », a-t-il expliqué.
Cette sensibilisation intervient alors que le Togo poursuit le renforcement de son écosystème de l’innovation. Depuis 2020, le pays dispose d’un Centre de documentation en propriété intellectuelle (CDPI), mis en place avec l’appui de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI). Cette structure accompagne les chercheurs, les inventeurs, les start-up et les entreprises dans les démarches liées à la protection et à la valorisation de leurs créations.
De plus, les efforts engagés pour mieux faire reconnaître les productions nationales enregistrent des résultats. Le riz de Kovié est devenu le premier produit togolais à bénéficier d’une Indication géographique protégée (IGP). Cette reconnaissance distingue l’origine et les qualités spécifiques de cette production, tout en renforçant sa visibilité sur les marchés.
En mettant davantage l’accent sur la propriété intellectuelle, les acteurs du secteur agricole disposent d’outils supplémentaires pour sécuriser leurs innovations, développer leurs activités et renforcer la valeur des productions nationales.
