La modernisation de l’agriculture togolaise s’est accompagnée d’investissements soutenus au cours de la période 2020-2025. À travers sa feuille de route agricole, le gouvernement met en avant plusieurs réalisations destinées à renforcer la production, améliorer les conditions de travail des producteurs et consolider la sécurité alimentaire. Le bilan présenté par Antoine Lekpa Gbegbeni, ministre de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire, détaille les principales avancées enregistrées durant ces cinq années.
Au cœur des actions menées figure l’aménagement de plus de 38 000 hectares de terres agricoles. Cette superficie comprend notamment 234 Zones d’aménagement agricole planifiées (ZAAP), une Zone d’aménagement de production de blé (ZAPB) ainsi que 2 600 hectares de bas-fonds aménagés. Ces espaces ont permis de renforcer les capacités de production des exploitants et de favoriser une meilleure organisation des activités agricoles.
La gestion de l’eau a aussi occupé une place importante dans les interventions publiques. Plusieurs périmètres irrigués ont été installés et 3 500 kits d’irrigation solaire subventionnés ont été distribués aux producteurs afin de faciliter l’accès aux solutions adaptées aux besoins des exploitations.
Parallèlement, l’État a renforcé la mécanisation du secteur. Plus de 500 tracteurs, 180 motoculteurs, des moissonneuses, des équipements de rizerie et d’autres matériels agricoles ont été acquis pour accompagner les producteurs. Deux centres régionaux de mécanisation ont également été construits pour améliorer la disponibilité des équipements.
Sur le plan de l’accompagnement technique, 16 nouvelles variétés agricoles ont été développées tandis que 784 conseillers agricoles et techniciens ont été déployés sur le terrain. L’organisation des acteurs ruraux a également progressé avec l’immatriculation de plus de 10 600 sociétés coopératives.
Selon les données communiquées par le ministère, ces efforts ont contribué à une progression des rendements dans plusieurs filières. Les productions de maïs, de riz, de manioc et de soja ont connu des hausses comprises entre 7 % et 32 %. Les exploitants installés dans les ZAAP ont également enregistré une évolution positive de leurs revenus.
La sécurité alimentaire constitue un autre indicateur mis en avant dans ce bilan. Le taux de couverture des besoins nationaux en céréales serait passé de 136 % en 2020 à 153 % en 2024. Cette évolution correspond à un excédent estimé à plus de 1,37 million de tonnes.
Dans le domaine des intrants agricoles, les chiffres avancés par le gouvernement font état de 631 000 tonnes d’engrais subventionnés distribuées aux producteurs. À cela s’ajoutent plus de 18 000 tonnes de semences certifiées ainsi que plusieurs millions de plants et de boutures destinés aux différentes filières.
L’élevage et la pêche ont également bénéficié de programmes d’appui. Le bilan fait état de la vaccination de 12,5 millions d’animaux, de la mise à disposition d’alevins, de cages flottantes pour la pisciculture et d’un accompagnement en carburant subventionné pour les pêcheurs. Deux Instituts de formation en alternance pour le développement (IFAD), consacrés à l’élevage et à l’aquaculture, ont été créés pour renforcer les compétences dans ces domaines.
Les actions engagées ont aussi porté sur la nutrition. Les données présentées indiquent une baisse du taux de sous-alimentation, passé de 22,1 % en 2020 à 12,8 % en 2023.
Enfin, la transformation agro-industrielle et le financement agricole ont occupé une place dans cette stratégie. Près de 20 milliards de francs CFA ont été mobilisés sous forme de crédits intrants et de subventions. Sept centres de transformation agricole ont été construits dans l’agropole de la Kara, tandis que des laboratoires de contrôle de la qualité des aliments et cinq aires modernes d’abattage ont été mis en service.
À travers ces résultats chiffrés, le bilan de la feuille de route agricole 2020-2025 met en lumière les investissements réalisés pour renforcer les capacités de production, structurer les filières et accompagner les acteurs du monde rural. Le document de synthèse présenté par le ministère de l’Agriculture sert de référence pour l’évaluation des actions conduites durant cette période.
