L’économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a confirmé sa capacité de résistance en 2025. Malgré un environnement international marqué par les tensions géopolitiques, le durcissement des politiques commerciales et les incertitudes sur les marchés mondiaux, l’espace communautaire a enregistré une croissance de 6,7 %, tandis que l’inflation moyenne annuelle est revenue à 0 %. Ces résultats figurent dans le rapport annuel 2025 de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), présenté le 22 juillet à Dakar par son gouverneur, Jean-Claude Kassi Brou.
Le document met en lumière une dynamique économique qui a dépassé celle de l’économie mondiale. Alors que la croissance mondiale est restée à 3,4 % en 2025, les huit États de l’Union ont poursuivi leur progression grâce à la vigueur de la demande intérieure, à la bonne tenue de plusieurs secteurs productifs et à une amélioration des échanges extérieurs. Dans le même temps, l’inflation, qui s’élevait à 3,5 % en 2024, a été ramenée à un niveau nul.

« L’activité économique est demeurée vigoureuse », a déclaré Jean-Claude Kassi Brou. Le gouverneur a également souligné que « l’inflation en moyenne annuelle est ressortie à un niveau nul en 2025 contre 3,5 % en 2024 » et que « le dynamisme de la croissance économique s’est maintenu à 6,7 % contre 6,2 % en 2024 ».
Selon la Banque centrale, cette évolution est liée à la baisse des prix internationaux des produits alimentaires et énergétiques importés, mais aussi à une production vivrière plus abondante dans l’Union. « Cette désinflation a contribué à améliorer le pouvoir d’achat des populations tout en offrant davantage de marges de manœuvre aux autorités monétaires », a expliqué le gouverneur.
Le rapport relève aussi une amélioration de la situation extérieure de l’Union. La progression des prix de certaines matières premières, l’augmentation des exportations d’hydrocarbures dans les pays concernés ainsi que les financements mobilisés par les États membres ont contribué à renforcer les équilibres macroéconomiques. « Ces résultats positifs témoignent de l’efficacité des politiques économiques mises en œuvre au niveau national et au niveau communautaire », a indiqué Jean-Claude Kassi Brou.
Au-delà des indicateurs économiques, la BCEAO met l’accent sur le renforcement du système financier. L’institution a engagé plusieurs réformes, dont le relèvement du capital social minimum des banques, passé de 10 à 20 milliards de FCFA. Cette mesure vise à accroître la solidité des établissements de crédit et leur capacité à accompagner le financement des économies. Le rapport évoque également l’évolution du cadre réglementaire applicable aux banques et aux systèmes financiers décentralisés, ainsi que le renforcement des dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Par ailleurs, la transformation numérique occupe une place centrale dans les priorités de la Banque centrale. L’année 2025 a été marquée par le déploiement opérationnel du Système de paiement instantané interopérable (PI-SPI), conçu pour accélérer les transactions entre les différents acteurs financiers de l’Union. La BCEAO poursuit également la mise en œuvre de sa Stratégie régionale d’inclusion financière 2025-2030, avec l’ambition de porter le taux d’inclusion financière à 90 %, contre environ 76 % actuellement. Les femmes, les jeunes et les petites et moyennes entreprises (PME) figurent parmi les principaux bénéficiaires de cette feuille de route.
Composé d’environ 200 pages, le rapport annuel 2025 passe en revue l’ensemble des missions de la Banque centrale. Il traite notamment de la politique monétaire, du système bancaire et financier, de la stabilité financière, de l’innovation, de la gestion des signes monétaires, de la recherche, de la formation ainsi que de la coopération régionale. À travers cette publication, la BCEAO dresse un état des lieux des performances économiques de l’Union et présente les orientations destinées à accompagner une croissance durable, un secteur financier solide et une inclusion financière élargie dans les années à venir.
