Le Burkina Faso et le Fonds international de développement agricole (FIDA) préparent l’avenir de leur partenariat autour des enjeux de souveraineté alimentaire, de résilience rurale et de développement des chaînes de valeur agricoles. Présent à Ouagadougou dans le cadre de la mission conjointe Gouvernement–FIDA, le Dr Noël Koutéra BATAKA, directeur pays du FIDA, a participé aux travaux consacrés à la revue du Programme d’options stratégiques pour le pays (COSOP) 2019-2026 et à la préparation du futur cadre stratégique de coopération pour la période 2027-2032.

La rencontre de restitution, de validation et d’adoption des conclusions de cette revue s’est tenue le 29 juillet 2026. Elle a réuni les représentants des administrations publiques, des partenaires techniques et financiers, des organisations professionnelles agricoles ainsi que plusieurs acteurs engagés dans le développement rural. Les travaux étaient présidés par Gaoussou SANOU, secrétaire général du ministère de l’Agriculture, des Ressources animales et halieutiques (MAERAH), représentant son collègue du ministère de l’Économie et des Finances (MEF).

La présence du Dr Noël Koutéra BATAKA, dont l’expertise dans le secteur est connu sur le continent, a marqué cette séquence dédiée à l’évaluation des résultats du partenariat entre le Burkina Faso et le FIDA. À travers cette revue, les deux parties ont cherché à mesurer les effets des investissements réalisés depuis 2019, à analyser les contraintes rencontrées sur le terrain et à identifier les orientations nécessaires pour renforcer les prochaines interventions.
Le COSOP constitue le cadre de référence qui organise la coopération entre le Burkina Faso et le FIDA. Il définit les priorités d’intervention, les domaines d’investissement et les mécanismes de dialogue entre les autorités nationales et l’institution internationale. Sa révision représente un outil d’aide à la décision pour adapter les programmes aux évolutions du secteur agricole et aux besoins des populations rurales.

Le bilan présenté lors de l’atelier met en avant plusieurs résultats dans les domaines de la production agricole, de la gestion durable des ressources naturelles et du développement économique local. Les projets soutenus par le FIDA ont notamment permis l’aménagement de 9 085 hectares de bas-fonds et de périmètres maraîchers, renforçant ainsi les capacités de production dans plusieurs zones rurales.
Les interventions ont également favorisé l’adoption de pratiques agricoles améliorées par 105 565 producteurs. Dans le domaine de la restauration des terres, 15 000 hectares de surfaces dégradées ont été réhabilités grâce aux techniques de conservation des eaux et des sols et de défense et restauration des sols (CES/DRS), des approches utilisées pour améliorer la fertilité des terres et renforcer leur exploitation durable.

Les résultats concernent aussi la productivité. Les données présentées font état d’une augmentation moyenne des rendements supérieure à 66 %. Cette progression traduit les effets combinés de l’accès aux équipements, de la diffusion de nouvelles pratiques agricoles et de l’accompagnement des producteurs dans plusieurs filières.
Sur le volet économique, les programmes appuyés par le FIDA ont contribué au renforcement de 1 916 organisations de producteurs. Les micro et petites entreprises rurales accompagnées ont généré 5 433 emplois, dont 50 % occupés par des jeunes. Les activités de transformation et de commercialisation ont également connu une progression de plus de 49 % des volumes concernés.

Au-delà des acquis, les participants ont examiné les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des projets, les risques liés aux interventions et les ajustements nécessaires pour améliorer les résultats des prochains programmes. La performance globale du portefeuille de projets financés par le FIDA au Burkina Faso a été évaluée à 5 sur 6.
Cette évaluation intervient dans une phase de préparation du prochain cadre stratégique de coopération 2027-2032. Lancée deux jours avant l’atelier de validation, la mission conjointe Gouvernement burkinabè–FIDA doit permettre de définir des orientations en cohérence avec les priorités nationales, notamment dans les domaines de la sécurité alimentaire, du développement rural et de l’insertion économique.

Les discussions portent sur plusieurs axes, parmi lesquels le renforcement de la résilience des communautés rurales, l’amélioration de la production agricole, la création d’opportunités pour les jeunes et les femmes, ainsi que le développement des filières porteuses. Les acteurs impliqués examinent également les moyens d’intégrer davantage les réalités sécuritaires et humanitaires du pays dans la conception des futurs programmes.
Lors des échanges, Vieux Abdoul Rachid SOULAMA, secrétaire général du ministère de l’Économie et des Finances, a insisté sur la nécessité d’adapter les interventions aux défis actuels, de renforcer la flexibilité des mécanismes de coopération et d’améliorer les dispositifs de suivi-évaluation afin d’accroître l’efficacité des projets.

Depuis l’établissement de son partenariat avec le Burkina Faso il y a plus de quarante ans, le FIDA accompagne les politiques publiques destinées à soutenir les exploitations familiales, développer les filières agricoles et améliorer les conditions de vie des populations rurales. L’institution intervient principalement dans le financement de programmes qui favorisent l’accès aux ressources productives, la transformation agricole et l’inclusion économique.
La mission actuelle doit se poursuivre jusqu’au 7 août 2026. Elle prévoit notamment un forum de partage de bonnes pratiques organisé le 31 juillet à Ouagadougou. Cette rencontre permettra aux différents acteurs d’échanger sur les expériences, les innovations et les solutions développées dans le cadre des programmes soutenus par le FIDA au Burkina Faso.
