Le Togo veut accélérer la mutation de son modèle économique en plaçant davantage l’investissement privé au cœur de sa stratégie de développement. Réunis le 30 juillet 2026 dans le cadre d’un atelier national d’échanges approfondis, le gouvernement et les acteurs du secteur privé ont engagé une réflexion sur les réformes et les mécanismes capables de renforcer la contribution des entreprises à la création de richesses, à la transformation des chaînes de valeur et à la génération d’emplois.

Présidés, au nom du Président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé, par Dr Sandra Ablamba Johnson, ministre, secrétaire général de la Présidence du Conseil, les travaux ont rassemblé des membres du gouvernement, des représentants de la Société financière internationale (SFI) et du Groupe de la Banque mondiale, des organisations patronales, des grandes entreprises, des petites et moyennes entreprises, ainsi que des experts nationaux et internationaux.

Cette rencontre s’inscrit dans la continuité du séminaire gouvernemental des 11 et 12 juin 2026, consacré aux orientations économiques du pays. Elle avait pour objectif de rapprocher les visions de l’État et du secteur privé afin d’identifier les conditions nécessaires à une mobilisation plus importante des investissements dans les secteurs prioritaires.
La Vision Togo 2040 constitue le cadre de cette ambition. Ce programme fixe plusieurs objectifs à long terme, dont le doublement du produit intérieur brut par habitant et la réduction du taux de pauvreté sous la barre des 15 %. Pour y parvenir, les autorités misent sur un modèle de croissance davantage soutenu par l’investissement privé.

« L’atteinte de ces objectifs nécessite une transformation structurelle de l’économie, et donc un nouveau modèle de croissance davantage tiré par l’investissement privé afin de créer plus de richesses et d’emplois », a déclaré Sandra Ablamba Johnson lors de l’ouverture des travaux.
Cette orientation intervient alors que le pays poursuit plusieurs réformes destinées à améliorer son environnement économique. Le stock d’investissements directs étrangers a atteint 2 063 millions de dollars américains en 2025, en hausse de 27,3 %. Le développement de la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), la modernisation des procédures douanières et les réformes foncières figurent parmi les mesures mises en avant pour renforcer la confiance des investisseurs.

Au-delà de l’attraction de nouveaux capitaux, l’enjeu porte aussi sur la capacité de l’économie nationale à créer davantage de valeur localement. Le gouvernement souhaite encourager le développement d’activités productives, notamment dans l’agro-industrie, la logistique, le transport et l’énergie, des secteurs identifiés comme prioritaires lors des échanges.
Les discussions ont également porté sur l’amélioration du dialogue entre les pouvoirs publics et les entreprises. Les participants ont examiné les mécanismes existants, notamment la Cellule climat des affaires et le Cadre de concertation État-secteur privé, afin d’identifier les ajustements nécessaires pour mieux répondre aux attentes des opérateurs économiques.

Les ministres de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, de l’Économie maritime, Kokou Edem Tengue, et de la Promotion des investissements, Arthur Lilas Trimua, ont souligné la nécessité de renforcer l’attractivité du pays et de créer davantage de synergies entre les politiques publiques et les initiatives privées.
Des experts internationaux venus notamment du Maroc et de Maurice ont partagé leurs expériences sur les stratégies de mobilisation des investissements privés. Les échanges ont porté sur les partenariats public-privé, les conditions de financement des projets structurants et les moyens d’accroître la participation des entreprises au développement économique.

Le secteur privé a, de son côté, affiché sa volonté de renforcer son engagement dans cette dynamique. Charles Kokouvi Gafan, président de l’Association des grandes entreprises du Togo (AGET), a déclaré que « le secteur privé s’engage à accroître significativement ses investissements dans les secteurs prioritaires que sont l’industrie, l’agro-industrie, les infrastructures, la logistique, l’énergie, le numérique, les services à forte valeur ajoutée ».
Le Groupe de la Banque mondiale, à travers la Société financière internationale (SFI), a réaffirmé son accompagnement aux réformes visant à renforcer le rôle des entreprises privées dans l’économie togolaise. Nathalie Kouassi Akon, directrice de la Division Golfe de Guinée de la Société financière internationale, a salué la collaboration avec les autorités togolaises et assuré du soutien de son institution aux actions destinées à favoriser l’investissement.
« Je remercie le Président du Conseil, Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé, pour l’opportunité offerte au Groupe de la Banque mondiale d’appuyer le Gouvernement du Togo dans son processus de réflexion stratégique autour de la réalisation de la Vision 2040 », a-t-elle indiqué.

Au terme des travaux, les participants ont identifié plusieurs axes de réforme et des objectifs destinés à renforcer la place du secteur privé dans l’économie. Entre les ambitions de la Vision Togo 2040 et les orientations de la Feuille de route gouvernementale 2026-2031, le pays cherche à consolider un modèle de croissance davantage soutenu par l’investissement, la productivité et le développement des filières locales.
