Le Togo ambitionne d’atteindre une production de 300 000 tonnes de soja au titre de la campagne 2026-2027. Au-delà de l’objectif quantitatif, la filière mise sur le soja biologique pour renforcer sa compétitivité, accéder à des marchés à forte valeur ajoutée et mieux positionner la production nationale dans les échanges internationaux.
Placée sous le thème « Soja biologique, notre choix, notre avenir », cette nouvelle campagne a été lancée par le Conseil interprofessionnel de la filière soja (CIFS-Togo). L’orientation retenue traduit la volonté des acteurs de privilégier une production répondant aux standards des marchés internationaux, où la qualité, la certification et la traçabilité occupent une place croissante.
Dans un environnement marqué par une forte concurrence entre grands pays producteurs, le Togo fait le choix de la différenciation. Le soja biologique apparaît comme un levier pour valoriser davantage la production nationale et développer des débouchés sur des marchés spécialisés, notamment en Europe et en Asie.
« Ce choix se justifie parce que, compte tenu de la taille de notre production face à l’offre internationale, nous devrons, pour plus de valeur ajoutée, nous orienter vers les marchés de niche. Le soja biologique constitue donc l’outil parfait pour un avenir radieux de la filière et de ses acteurs », explique Mounirou Koriko, président du conseil d’administration du Conseil interprofessionnel de la filière soja.
La filière soja occupe désormais une place importante dans l’agriculture togolaise. Elle contribue aux revenus des producteurs, soutient les activités de transformation locale et fournit des matières premières destinées notamment à l’alimentation animale. Le développement de cette culture participe également à la diversification des sources de revenus en milieu rural.
Pour atteindre la cible de 300 000 tonnes, les acteurs de la filière comptent poursuivre plusieurs actions. Elles concernent notamment l’accès aux semences performantes, l’accompagnement technique des producteurs, la mécanisation adaptée, le renforcement des capacités des coopératives et l’amélioration des mécanismes de financement.
Le choix du biologique répond aussi aux nouvelles exigences des consommateurs et des acheteurs internationaux. Les pratiques encouragées dans ce modèle agricole visent une meilleure préservation des sols, une utilisation maîtrisée des intrants et une production conforme aux normes de durabilité.
Pour Mounirou Koriko, cette orientation dépasse la seule dimension commerciale. « Faire le choix du soja biologique, ce n’est pas seulement répondre à une demande internationale croissante ; c’est un choix de souveraineté économique, de préservation de nos sols et de notre santé pour nos populations », souligne-t-il.
Avec cette cinquième campagne nationale, le Togo poursuit ainsi la structuration d’une filière qui cherche à associer augmentation de la production et création de valeur. L’objectif de 300 000 tonnes s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer la place du soja togolais sur les marchés d’exportation tout en consolidant les opportunités pour les acteurs locaux.
