Cinq ans après son inauguration, la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) affiche 6 780 emplois directs créés entre juin 2021 et juin 2026. Le chiffre, communiqué par l’Autorité de coordination de la Plateforme (ACP), donne une mesure concrète de l’effet de cette zone industrielle sur le marché du travail. Surtout, 95 % de ces postes sont occupés par des Togolais, soit environ 6 440 emplois.
La progression de la PIA s’est faite au rythme de l’installation de nouvelles unités dans plusieurs filières. Le site compte désormais 25 entreprises partenaires, dont 12 sont déjà opérationnelles. Le soja, le karité, la noix de cajou et le textile figurent parmi les secteurs représentés. Les investissements cumulés liés aux entreprises présentes ou en cours d’installation dépassent 350 milliards de francs CFA.
La composition des effectifs donne une autre lecture de ces résultats. La forte proportion de travailleurs nationaux montre que les unités implantées sur la plateforme recrutent principalement dans le vivier de compétences disponible au Togo. Selon les données publiées en juin, les jeunes et les femmes représentent aussi près de 80 % des effectifs.
Pour une économie où une grande partie de l’activité professionnelle demeure informelle, l’arrivée de postes industriels structurés modifie les perspectives d’insertion. Ces emplois placent les salariés au contact de procédés de fabrication, de normes de qualité, d’équipements spécialisés et de méthodes de production qui exigent une formation pratique continue.
L’effet recherché ne se limite donc pas au premier contrat. L’expérience acquise dans une unité de transformation peut renforcer la mobilité professionnelle et constituer un socle de compétences pour d’autres activités industrielles. Cette dimension devient d’autant plus importante que la stratégie de la plateforme repose sur la transformation locale des matières premières plutôt que sur leur seule exportation.
Le secteur textile illustre cette orientation. L’usine STAR GARMENTS TOGO, inaugurée en juin 2025, a été conçue pour développer les activités de coupe, de confection et de finition. Elle devait créer 2 000 emplois directs au cours de sa première année d’activité, avec une part de plus de 60 % réservée aux femmes, et viser 4 520 emplois directs et indirects à l’horizon 2030.
La dynamique doit encore s’élargir. La deuxième phase de développement de la PIA prévoit 270 hectares, dont 119 hectares déjà mis à disposition. Le projet comprend notamment trois unités textiles et six unités de confection, avec une projection d’environ 20 000 emplois directs et une capacité de transformation de 30 000 tonnes de coton local par an.
Cette expansion doit aussi s’accompagner d’un effort sur les compétences. La plateforme prévoit notamment un dispositif de formation destiné à préparer plusieurs milliers de travailleurs aux métiers du textile et de la confection. L’objectif est de faire évoluer progressivement l’offre de main-d’œuvre avec les besoins des unités industrielles.
Le bilan des cinq premières années fournit ainsi un premier indicateur de la capacité de la PIA à transformer des investissements industriels en emplois accessibles à la population locale. Avec 6 780 postes directs recensés à juin 2026, le prochain enjeu réside dans la consolidation de ces emplois et dans l’élargissement des chaînes de valeur autour des unités installées.
La plateforme vise désormais un changement d’échelle. Les projections communiquées par son administration situent entre 15 000 et 20 000 le nombre d’emplois directs attendus à l’horizon 2030.
