Après deux décennies d’activité, le Conseil national du dialogue social (CNDS) engage une réflexion sur son fonctionnement et son rôle face aux transformations qui touchent l’emploi et les relations professionnelles. Une session extraordinaire réunie le 25 août à Lomé a servi de cadre à ce travail de relance, avec un retour sur les principaux acquis du Conseil et un examen des défis à venir.
Créé comme un espace permanent de concertation entre l’État, les organisations de travailleurs et les associations d’employeurs, le CNDS a été mobilisé au fil des années pour prévenir ou régler plusieurs conflits sociaux. Son action a notamment porté sur les secteurs de l’éducation, de la santé et du commerce, ainsi que sur des tensions au sein de l’administration publique.

Le président du CNDS, Kondé Sangbana, a rappelé que le Conseil avait contribué au règlement de plusieurs crises et à la préservation du climat social. Il a notamment cité la crise de 2013 dans l’administration publique, qui a conduit à l’adoption, le 21 janvier de la même année, de la loi portant statut général de la fonction publique. Ce texte définit notamment les règles applicables aux fonctionnaires et agents contractuels de l’État et prévoit des mécanismes de consultation et de concertation dans la gestion de la fonction publique.
La session a aussi permis d’examiner la participation de la délégation tripartite togolaise à la 114e session de la Conférence internationale du Travail, tenue à Genève du 1er au 12 juin 2026. Cette rencontre de l’Organisation internationale du Travail (OIT) a réuni les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs des 187 États membres autour de plusieurs enjeux liés à l’évolution du monde du travail.
Le dialogue social a occupé une place particulière dans les travaux de cette conférence. Les discussions internationales ont notamment porté sur la manière dont le tripartisme peut aider les États et les partenaires sociaux à répondre aux mutations technologiques, aux changements démographiques, aux transformations des formes d’emploi et aux effets du changement climatique.
Ces évolutions rejoignent les préoccupations exposées par Kondé Sangbana. Selon lui, l’instabilité géopolitique, les progrès technologiques, les changements climatiques et les transformations démographiques modifient profondément les réalités du travail et les équilibres sociaux. Il estime que les institutions chargées du dialogue social doivent désormais disposer de réponses adaptées afin de « protéger et valoriser les intérêts des acteurs du monde du travail ».
La relance engagée par le CNDS intervient ainsi sur un terrain où les relations entre pouvoirs publics, employeurs et travailleurs doivent composer avec des transformations plus rapides des économies et des emplois. Le tripartisme, principe au cœur du fonctionnement de l’OIT, repose précisément sur la participation des trois composantes aux discussions relatives aux politiques du travail. Le Togo a d’ailleurs ratifié en 1983 la Convention n° 144 de l’OIT sur les consultations tripartites relatives aux normes internationales du travail.
La session extraordinaire devait enfin permettre aux membres du Conseil d’examiner plusieurs questions liées à son fonctionnement. Après vingt années d’activité, le CNDS cherche ainsi à réévaluer ses mécanismes de concertation et à renforcer sa capacité à accompagner les relations professionnelles dans un environnement économique et social en mutation.
