Les quatre compagnies financières établies à Lomé concentrent une part considérable des actifs détenus par les holdings bancaires de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Avec 24 126,7 milliards de FCFA de bilan consolidé, elles représentent environ 40 % du total enregistré par les 18 compagnies financières de l’Union, selon les données de la Commission bancaire de l’Union monétaire ouest-africaine.
Ce poids financier repose avant tout sur deux groupes dont les activités dépassent largement le marché togolais. Ecobank Transnational Incorporated (ETI), dont le siège est établi à Lomé, constitue de loin le principal contributeur. Le groupe affiche un bilan de 19 167,7 milliards de FCFA et occupe le premier rang des compagnies financières de l’Union.
Oragroup, maison mère du réseau Orabank, complète l’essentiel de cette concentration avec un bilan de 3 865,5 milliards de FCFA. Deux autres structures établies dans la capitale figurent également dans le classement régional, IB Holding avec 827,9 milliards de FCFA et African Lease Group avec 265,5 milliards.
La configuration est particulière au regard du nombre de structures présentes dans les principaux pays de l’Union. La Côte d’Ivoire compte douze compagnies financières, contre quatre pour le Togo. Pourtant, le bilan cumulé des holdings domiciliées à Lomé dépasse celui enregistré par leurs homologues ivoiriennes, qui totalisent 16 646,5 milliards de FCFA. Le Burkina Faso arrive ensuite avec 10 362,1 milliards, devant le Sénégal avec 9 154,2 milliards.
Cette concentration s’explique largement par la vocation régionale des groupes installés dans la capitale togolaise. Les chiffres des holdings ne correspondent pas à des fonds déposés ou immobilisés au Togo. Ils agrègent les résultats des filiales et des établissements contrôlés dans plusieurs pays de l’espace UEMOA.
Ecobank illustre particulièrement cette dimension. Créé à Lomé en 1985, le groupe a développé au fil des décennies un réseau panafricain dont le périmètre dépasse largement l’espace ouest-africain. Son siège togolais constitue ainsi un centre de décision pour des activités réparties dans plusieurs marchés.
Cette présence confère à Lomé une fonction particulière dans l’organisation financière régionale. La capitale accueille non seulement le siège d’Ecobank, mais aussi celui d’Oragroup et les directions de deux autres compagnies financières. Le bilan moyen des quatre holdings atteint ainsi 6 031,7 milliards de FCFA, contre 1 387,2 milliards pour les douze structures établies en Côte d’Ivoire.
Le poids des groupes basés à Lomé se retrouve également dans leurs performances agrégées. Les compagnies financières domiciliées au Togo concentrent 47,3 % du produit net bancaire et 36 % du résultat net attribué à l’ensemble des holdings de l’UEMOA, selon les données présentées dans le rapport de la Commission bancaire.
Cette concentration ne signifie donc pas que 24 126 milliards de FCFA alimentent directement l’économie togolaise. Une grande partie de ces montants reflète l’activité de filiales implantées dans différents pays. L’effet local se situe davantage dans les fonctions de siège, les emplois qualifiés, les services financiers spécialisés et les retombées liées à la présence de groupes régionaux.
La place occupée par ces holdings participe aussi au positionnement de Lomé comme centre d’affaires régional. Elle complète le rôle joué par les infrastructures de transport et de connexion du pays, notamment le port de Lomé et l’aéroport international Gnassingbé-Eyadéma.
Avec quatre holdings seulement, la capitale togolaise concentre ainsi une fraction élevée du bilan des compagnies financières de l’UEMOA. Une configuration largement portée par Ecobank et Oragroup, dont les activités régionales donnent à leurs sièges loméens un poids financier nettement supérieur à celui que suggère la seule taille du marché bancaire national.
