Le gouvernement togolais veut réformer le cadre applicable aux zones économiques spéciales (ZES) afin d’attirer davantage d’investissements productifs, de mieux répartir les projets sur le territoire et d’accroître les retombées de l’activité industrielle pour les entreprises nationales et les populations.
Le Conseil des ministres a adopté, le 22 octobre 2026, un projet de loi portant régime des zones économiques spéciales au Togo. Le texte doit remplacer un dispositif conçu autour de la zone franche industrielle, instituée en 1989 puis réformée par la loi n° 2011-018 du 24 juin 2011.
Ce régime a contribué au développement d’une industrie tournée vers l’exportation. Mais la concentration des investissements dans le Grand Lomé, les liens encore limités entre les entreprises implantées dans ces espaces et le tissu économique national, ainsi que les insuffisances de gouvernance ont révélé les limites du modèle actuel.
Le projet de loi prévoit une diversification des types de zones et une répartition géographique plus équilibrée des investissements. Les avantages accordés aux entreprises seraient modulés en fonction de la localisation des projets, afin d’encourager les implantations en dehors des principaux pôles économiques.
Le gouvernement entend aussi donner davantage de place au contenu local. La création d’emplois qualifiés et durables, la formation professionnelle et le développement des entreprises togolaises figurent parmi les priorités du futur dispositif. L’enjeu est de mieux intégrer les activités des zones économiques aux chaînes de valeur nationales, plutôt que de limiter leurs effets à la production destinée aux marchés extérieurs.
Sur le plan fiscal, le texte prévoit des avantages limités dans le temps et soumis à des conditions. Il entend préserver l’équité concurrentielle sur le marché national tout en sécurisant les recettes publiques. Une gouvernance renouvelée et un environnement des affaires plus favorable aux investisseurs font également partie des orientations annoncées.
La portée de la réforme dépendra de sa mise en œuvre, notamment de la capacité à attirer des projets dans différentes régions et à établir des liens durables entre les entreprises bénéficiaires et les fournisseurs locaux. Le projet de loi adopté en Conseil des ministres constitue, à ce stade, le cadre proposé pour cette transformation.
