Le recul de 0,1 % des prix à la consommation en septembre 2026 tient principalement à la détente des prix alimentaires. Les combustibles et les déplacements suivent toutefois une évolution inverse, tandis que le niveau général des prix reste supérieur de 2,4 % à celui de septembre 2025.
Le charbon de bois a augmenté de 9,9 % en septembre, le bois de chauffe de 19,9 % et les courses en taxi-moto de 2,2 %. Ces hausses, relevées par l’Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (INSEED), contrastent avec la baisse de 3 % des prix des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées. Elles montrent combien l’évolution du coût de la vie peut varier d’un poste de dépense à l’autre.
La hausse concerne aussi les carburants. Le prix de l’essence « super » dans les stations-service administrées a progressé de 8,4 % sur un mois, contre 3,7 % pour l’essence super de rue. Dans le même temps, la division regroupant le logement, l’eau, l’électricité, le gaz et les autres combustibles a enregistré une progression de 4,1 %, tandis que celle des transports a augmenté de 2,9 %. Ces deux catégories ont contribué à limiter le recul de l’indice général.
À l’inverse, plusieurs denrées ont connu des baisses particulièrement prononcées. Les tomates rondes importées ont perdu 31,8 % de leur prix, le poivron frais 32,9 % et le piment frais 25,8 %. Le recul des prix alimentaires a ainsi pesé sur l’indice global, sans entraîner une détente comparable dans les autres catégories de consommation.
La comparaison sur douze mois apporte un éclairage différent. Entre septembre 2025 et septembre 2026, les prix du transport ont progressé de 8,5 %, ceux du logement, de l’eau, de l’électricité, du gaz et des autres combustibles de 8,2 %. Les produits alimentaires et les boissons non alcoolisées affichent une hausse plus modérée de 1,9 %. Le niveau général des prix atteint 104,4, sur une base 100 en 2023, contre 104,6 en août 2026.
Cette évolution doit être lue à la lumière des prévisions régionales. Dans son rapport sur la politique monétaire publié en septembre 2026, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a identifié les incertitudes géopolitiques internationales, les cours des produits pétroliers et alimentaires importés, ainsi que les coûts des engrais, du transport et du fret parmi les risques susceptibles d’alimenter les tensions inflationnistes dans l’Union. Ces facteurs constituent des risques régionaux, sans établir à eux seuls les causes des hausses constatées au Togo.
Pour déterminer dans quelle mesure ces variations pèsent sur les budgets des ménages, les chiffres agrégés ne suffisent pas. Il faudrait disposer des pondérations utilisées dans le calcul de l’indice et de la contribution précise de chaque produit à son évolution. Ces données permettraient de mesurer le poids respectif des baisses alimentaires et des hausses de l’énergie et du transport dans la variation mensuelle des prix.
