Les partenaires techniques et financiers ont passé en revue les principales orientations de la feuille de route gouvernementale 2026-2031 lors d’une séance de concertation consacrée aux priorités, aux programmes structurants et aux conditions de leur financement. Organisée après les consultations menées dans les territoires, cette rencontre vise à recueillir les dernières observations avant la finalisation du document.
Le projet repose sur trois axes stratégiques, neuf ambitions et quinze programmes. Six priorités transversales structurent l’ensemble, avec un accent sur la sécurité, l’emploi, la résilience face aux chocs, la croissance économique, la cohésion sociale et l’amélioration des conditions de vie. Le gouvernement entend ainsi concentrer l’action publique sur un nombre plus limité de priorités, tout en veillant à la soutenabilité financière et à l’efficacité des investissements.

Les discussions ont notamment porté sur la cohérence des choix opérés, leur traduction en actions concrètes et les mécanismes susceptibles d’assurer leur financement. Pendant près de trois heures, les participants ont formulé des observations et des recommandations destinées à renforcer le contenu du projet. La mobilisation des ressources apparaît ainsi comme un enjeu central de la prochaine phase.
Le processus d’élaboration a débuté en mai 2026 avec des consultations réunissant partenaires au développement, institutions publiques, secteur privé, organisations syndicales, collectivités territoriales et société civile. Les contributions recueillies ont ensuite nourri la définition des programmes et des mécanismes de gouvernance entre juin et août. Les séances de restitution engagées en septembre constituent la dernière séquence de dialogue avant la finalisation.
Les échanges territoriaux ont permis de faire remonter des préoccupations directement liées aux réalités locales. Le désenclavement routier figure notamment parmi les attentes liées à l’équilibre entre les territoires. Dans le secteur agricole, les besoins concernent l’accès aux intrants et aux équipements, la maîtrise de l’eau, le stockage, la commercialisation et les mécanismes de financement. La réduction des coûts, ainsi que la valorisation de la culture et du tourisme, font également partie des orientations identifiées.
Sur le plan social, le projet accorde une attention particulière au civisme et à la citoyenneté à travers l’éducation, à l’autonomisation économique des femmes et à l’inclusion des personnes handicapées. La gouvernance publique constitue un autre volet majeur, avec des attentes relatives à la participation de la société civile, à la transparence, à la reddition de comptes, à la lutte contre la corruption et au suivi des investissements publics.
La sécurité et la souveraineté énergétiques figurent également parmi les priorités. Le dispositif prévoit d’augmenter la production, de diversifier le mix énergétique et d’améliorer la fiabilité du système électrique, avec l’objectif de répondre davantage aux besoins des ménages, des activités productives et des usages stratégiques.
Aboubakri Diaw, chef de cabinet au Secrétariat exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), a relevé trois éléments dans le projet présenté. Il a notamment évoqué l’existence d’une vision, d’une stratégie de financement et d’un processus de consultation associant les régions, les territoires, le secteur privé et les partenaires internationaux. « Les solutions que le gouvernement entend mettre en œuvre ont été présentées à l’ensemble des participants autour de la table», a-t-il déclaré.
Etsri Homevor, conseiller à la Présidence du Conseil, a pour sa part invité les partenaires à poursuivre leur accompagnement et à mieux aligner leurs interventions sur les priorités retenues. Il a également insisté sur les contraintes liées à la raréfaction des ressources et sur la nécessité de rechercher des solutions collectives pour financer les programmes.
Cette concertation intervient alors que la précédente feuille de route gouvernementale doit encore mobiliser 3 965 milliards de francs CFA pour achever les actions restantes. Près de 30 % des projets et programmes prévus demeurent à poursuivre, ce qui implique de dégager des ressources supplémentaires pour assurer leur réalisation.
La feuille de route 2026-2031 n’est donc pas encore définitive. Les observations issues de cette phase de concertation doivent être intégrées au document avant sa finalisation et sa présentation officielle. Elle constituera ensuite le cadre de référence de l’action gouvernementale pour les cinq prochaines années.
