Face aux inondations qui ont frappé plusieurs localités fin juin 2026, les pouvoirs publics ont engagé une nouvelle opération d’assistance au profit de 7 306 ménages dans le Grand Lomé. Au-delà de l’aide immédiate, le dispositif mobilise aussi la prévention, la surveillance hydrométéorologique et les interventions destinées à limiter les effets des crues.
Les pluies des 28 et 29 juin 2026 ont laissé derrière elles un lourd bilan humain et matériel. Plusieurs zones du district autonome du Grand Lomé, ainsi que les préfectures de Vo, des Lacs et du Bas-Mono, ont été affectées. Cinq décès ont été recensés et 26 603 personnes touchées, avec des dégâts sur les habitations et les infrastructures.

Dans le Grand Lomé, la réponse publique s’est concrétisée le 6 août à Agoè-Nyivé par le lancement d’une opération d’assistance humanitaire destinée aux familles sinistrées. Au total, 7 306 ménages correspondant aux personnes recensées comme affectées sont concernés par cette première phase.
L’intervention repose sur une enveloppe de plus de 1,1 milliard de francs CFA. Chaque ménage bénéficiaire reçoit 40 000 francs CFA en transfert monétaire, auxquels s’ajoute un kit composé d’un carton de pain de savon, d’un seau, d’une natte et d’un drap. L’objectif est de permettre aux familles touchées de répondre aux besoins les plus immédiats, avant la reprise progressive de leurs activités.
Le montant mobilisé dépasse ainsi l’évaluation initiale des besoins d’assistance établie pour le Grand Lomé, qui s’élevait à 304,86 millions de francs CFA. Cette différence traduit l’élargissement de la réponse au regard des besoins recensés après les intempéries.
L’aide directe aux ménages ne constitue toutefois qu’un volet du dispositif. La gestion des inondations repose également sur un ensemble de mesures de surveillance et d’intervention. Suivi des niveaux d’eau, veille hydrométéorologique, évaluation des pertes et dégâts, contrôle des ouvrages routiers et des infrastructures d’assainissement, maintien des moyens de secours, les opérations se poursuivent parallèlement à l’assistance humanitaire.
Cette articulation entre intervention immédiate et préparation apparaît également dans les actions conduites avant les dernières pluies. En mars 2025, le gouvernement avait dressé le bilan du Plan de préparation et de réponse aux inondations dans le Grand Lomé. Sur les 38 activités programmées pour 2024, 37 avaient été réalisées. Le dispositif avait bénéficié de 50 millions de francs CFA, auxquels s’était ajouté un appui de 1,69 milliard de francs CFA. Les interventions portaient notamment sur l’entretien des équipements de secours, l’acquisition de motopompes et le drainage des eaux.
La réponse aux catastrophes naturelles s’inscrit ainsi dans une continuité déjà observée au cours des dernières années. En 2025, une opération nationale avait permis d’apporter des vivres et des produits non alimentaires aux victimes d’inondations, de tornades, d’incendies et d’autres catastrophes.
L’année précédente, plus de 13 000 personnes regroupées dans 2 717 ménages avaient bénéficié d’une assistance au niveau national. Soutenue par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et mise en œuvre avec le Programme alimentaire mondial (PAM), l’opération avait consacré plus de 651 millions de francs CFA au volet togolais du relèvement post-inondation et de la sécurité alimentaire.
En 2023 déjà, les opérations avaient concerné près de 52 000 personnes dans les régions des Savanes et de la Kara, avec 961 tonnes de vivres mobilisées. Dans le Grand Lomé, après les fortes pluies du 12 juillet, plus de 1 040 ménages, représentant 6 428 personnes sinistrées, avaient également reçu des vivres et des produits non alimentaires avec l’appui de l’OCDI-Caritas Togo.
Cette mobilisation n’est pas nouvelle. En 2021, plus de 15 000 ménages avaient déjà bénéficié d’une assistance après des catastrophes naturelles.
La succession de ces interventions met en évidence deux dimensions de la politique publique face aux catastrophes. La première relève de la réponse immédiate, avec l’aide alimentaire, les transferts monétaires et les biens de première nécessité. La seconde concerne la réduction des risques, à travers la préparation des secours, le drainage, la surveillance des cours d’eau et l’entretien des équipements.
Dans sa déclaration de politique générale, le gouvernement a d’ailleurs indiqué que le dispositif national de gestion des catastrophes naturelles avait régulièrement fonctionné pour réduire les risques, notamment face aux inondations.
Les inondations de juin 2026 replacent ainsi la question de la protection des populations au centre de l’action publique. Entre secours aux familles directement touchées et dispositifs destinés à mieux anticiper les prochains épisodes pluvieux, l’intervention de l’État se déploie sur plusieurs temporalités, de l’urgence au relèvement et de la réaction à la prévention.
