La campagne 2026-2027 de commercialisation du café et du cacao s’ouvre le 1er octobre avec de nouveaux prix producteurs. Leur fixation intervient après une nette contraction des volumes exportés, alors même que la production nationale a progressé au cours de la campagne précédente.
Le Comité de coordination pour les filières café et cacao (CCFCC) a retenu 1 300 FCFA le kilogramme pour le café et 2 240 FCFA pour le cacao. Ces montants constituent le nouveau repère de rémunération des producteurs dans un marché marqué par de fortes variations des cours. Le cacao, qui avait atteint 5 525 FCFA/kg au sommet de la précédente envolée des prix, était retombé à 2 240 FCFA/kg début 2025. Le café avait, pour sa part, connu une chute jusqu’à 200 FCFA/kg après s’être situé autour de 600 FCFA quelques mois auparavant.
Les chiffres de la dernière campagne montrent surtout un décrochage des exportations. Le Togo a vendu à l’extérieur environ 2 600 tonnes de café et 8 900 tonnes de cacao en 2025-2026, contre respectivement 4 400 et 24 000 tonnes un an plus tôt. Le recul est d’autant plus notable que les récoltes ont évolué dans le sens inverse, avec 30 472 tonnes de café produites, soit une hausse de 2,5 %, et 23 084 tonnes de cacao, en progression de 7 %.
Cette dissociation entre production et exportation place la commercialisation au centre des difficultés actuelles des deux filières. Le CCFCC a notamment relevé les effets de la contrebande, en particulier dans le Litimé, ainsi que la présence d’opérateurs non enregistrés. Selon les autorités, ces pratiques peuvent perturber la formation des prix et priver l’économie de recettes fiscales.
Le contraste avec 2024 est marqué. Les exportations togolaises de cacao avaient alors généré 54,1 milliards de FCFA, contre 16,7 milliards en 2023, tandis que les recettes des exportations agricoles atteignaient 176,2 milliards de FCFA, leur plus haut niveau sur la période 2020-2024.
La nouvelle campagne se déroulera aussi sous une contrainte commerciale supplémentaire pour les filières tournées vers le marché européen. Le règlement de l’Union européenne sur les produits associés à la déforestation, qui couvre le café et le cacao, commencera à s’appliquer le 30 décembre 2026 aux opérateurs moyens et grands. Il impose notamment de pouvoir démontrer l’origine des produits et leur conformité aux exigences de non-déforestation.
Avec près de 40 000 producteurs et plus de 72 000 hectares consacrés au café et au cacao, les deux filières représentent 1,4 % du produit intérieur brut et 5,5 % du secteur agricole, selon les données de la Direction des statistiques agricoles reprises par les autorités togolaises.
