La deuxième session ordinaire de l’année 2026 s’est ouverte jeudi 1er octobre avec le projet de loi de finances pour 2027 au centre des travaux. Le débat parlementaire intervient après plusieurs mois de préparation technique du futur cadre budgétaire de l’État.
Le président du Sénat, Barry Moussa Barqué, a appelé les sénateurs à porter une attention particulière à la soutenabilité des finances publiques et à la pertinence des dépenses proposées. Il a demandé que les arbitrages budgétaires tiennent compte des priorités géographiques et sociales retenues par les pouvoirs publics.
La préparation de l’exercice 2027 a commencé bien avant l’ouverture de la session. Une circulaire du ministère des Finances et du Budget publiée en avril a encadré l’élaboration du budget de l’État, tandis que les travaux du cadrage budgétaire à moyen terme 2027-2029 ont été lancés le même mois. Ce dispositif doit permettre de projeter sur trois ans les recettes, les dépenses, le déficit et la dette publique.
Les données disponibles donnent une idée des contraintes auxquelles les parlementaires devront confronter leurs choix. Pour 2025, le ministère des Finances et du Budget fait état d’un déficit ramené à 3,2 % du PIB, mais d’une dette publique établie à 62,6 % du PIB. Le service de la dette représentait alors plus de 85 % des recettes fiscales, réduisant l’espace disponible pour les autres priorités budgétaires.
L’examen sénatorial devra aussi être rapproché des orientations de la feuille de route gouvernementale 2026-2031, structurée autour de trois axes : protéger, rassembler et transformer. Le gouvernement a parallèlement engagé un travail de rationalisation des investissements publics et de meilleure coordination des politiques publiques afin d’aligner les ressources disponibles sur ces orientations.
Une autre composante du futur budget a déjà fait l’objet de travaux spécifiques. Le ministère des Finances et du Budget a engagé en juillet, avec l’appui de la Commission économique pour l’Afrique, l’intégration de la budgétisation sensible au dividende démographique dans la préparation du budget 2027. Cette démarche doit renforcer la prise en compte du capital humain dans les arbitrages financiers.
L’ouverture de la session a été marquée par l’adoption du compte rendu de la séance plénière unique de la deuxième session extraordinaire de 2026. Barry Moussa Barqué a aussi rappelé que la première session ordinaire avait permis l’adoption de six textes, auxquels se sont ajoutés quatre textes lors de la session extraordinaire.
La séance s’est tenue en présence du président de l’Assemblée nationale, Komi Selom Klassou, ainsi que de Gilbert Bawara, ministre des Relations avec le Parlement et les Institutions, Yawa Kouigan, ministre de la Communication, et Martine Moni, ministre des Solidarités et du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance. Les travaux consacrés au projet de loi de finances pour 2027 constituent désormais le principal rendez-vous budgétaire de cette session.
