Du 15 au 17 octobre 2026, les collectivités territoriales, les partenaires techniques et financiers ainsi que les acteurs du financement se sont réunis au Parc des Expositions d’Abidjan, à l’occasion de la 4ᵉ édition du Salon des Collectivités Territoriales. Placée sous le thème « Décentralisation renforcée : maîtriser les transferts de compétences pour des territoires plus efficaces et autonomes », cette rencontre a constitué un cadre de réflexion sur les enjeux de la décentralisation et les leviers d’un développement territorial durable.
Durant trois jours, le salon a réuni des membres du gouvernement, des élus locaux et des partenaires au développement, parmi lesquels Kandia Camara, présidente du Sénat de Côte d’Ivoire ; le général Vagondo Diomandé, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité ; Adama Bictogo, député-maire de Yopougon et ancien président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire ; Anne Hidalgo, ancienne maire de Paris et ambassadrice de la Convention mondiale des maires pour le climat et l’énergie ; ainsi que Winny Yawo Dogbatsè, conseiller du Forum régional des maires (FRM) et ancien maire de la commune de Kloto 1 au Togo. Des délégations étrangères, venues notamment du Cameroun, du Congo, du Gabon, du Sénégal et du Tchad, ont également pris part aux travaux.

Au cœur des échanges figuraient plusieurs enjeux majeurs du développement territorial, notamment la gouvernance locale, l’économie verte, le transfert effectif des compétences et la mobilisation des ressources nécessaires au renforcement de l’autonomie des collectivités.
Winny Yawo Dogbatsè porte la voix des collectivités résilientes au climat
À cette rencontre internationale, Winny Yawo Dogbatsè a porté la voix des maires engagés en faveur de la résilience climatique. Intervenant lors d’un panel de haut niveau consacré au thème « Regards croisés sur les politiques de décentralisation et de développement territorial des pays et villes à l’honneur », il a mis en avant les initiatives du Togo en matière de prévention et de gestion des risques climatiques.
Il a notamment évoqué les mécanismes d’assurance paramétrique destinés à protéger les villes contre les conséquences des inondations, présentés comme une innovation majeure à l’échelle africaine. Il a également souligné l’ambition de Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, Président du Conseil de la République Togolaise, de « faire du Togo un pays plus vert et plus résilient », en référence aux engagements climatiques du pays et à la dynamique internationale impulsée par l’Accord de Paris de 2015.

Dans son intervention, il a par ailleurs salué la prise de position de la présidente du Parlement de la CEDEAO, l’honorable Hadja Mémounatou Ibrahima, qui, lors du sommet d’Accra, a souligné que « le dérèglement climatique constitue désormais un enjeu de sécurité et de cohésion sociale ». Selon lui, « Cette préoccupation appelle une mobilisation accrue des gouvernements afin de renforcer la protection des populations face aux effets du changement climatique ».
Modéré par Adama Bictogo, député-maire de Yopougon, le panel a également réuni Blerta Cela, représentante du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) en Côte d’Ivoire, D. Fall, membre de l’Assemblée de l’État de New York, ainsi qu’Anne Hidalgo, ancienne maire de Paris et ambassadrice de la Convention mondiale des maires pour le climat et l’énergie.
Transformer les données climatiques en décisions concrètes
Face aux défis environnementaux, Winny Yawo Dogbatsè a appelé à une gouvernance territoriale davantage fondée sur l’anticipation, les données fiables et la prise de décision éclairée.
« À l’heure où nos forêts reculent et certaines lagunes se remplissent, où l’activité minière illégale laisse des cicatrices profondes dans les sols et les cours d’eau, nous ne pouvons plus gouverner avec des constats tardifs. Notre enjeu est de transformer la donnée en preuve et la preuve en décision pour nos populations », a-t-il déclaré.
Dans cette perspective, il a formulé plusieurs propositions à l’endroit de la communauté des acteurs du développement territorial : « reconnaître les collectivités comme des acteurs essentiels de l’action climatique, les associer pleinement aux processus de décision et à la planification nationale, et leur fournir les moyens financiers, techniques et institutionnels nécessaires à l’accomplissement de leurs missions ».
Le Forum régional des maires plaide ainsi pour un accès plus direct, équitable et adapté aux capacités des collectivités aux financements climatiques. Il encourage également la coopération entre les communes afin de favoriser l’élaboration de plans climatiques cohérents, susceptibles de faciliter la mobilisation de ressources auprès des partenaires financiers.
Des échanges avec les partenaires financiers
En marge du salon, une séance de travail s’est tenue avec la Banque africaine de développement (BAD), dans le but de porter un plaidoyer en faveur de l’accompagnement financier des communes engagées dans cette dynamique de résilience climatique.
Les échanges se sont également poursuivis avec le gouverneur du District autonome d’Abidjan autour des mécanismes de financement climatique applicables aux projets élaborés par les communes de la capitale économique ivoirienne.
À travers ces différentes rencontres, le Salon des Collectivités Territoriales a offert un cadre de dialogue et de partage d’expériences sur les moyens de renforcer l’action des collectivités face aux défis climatiques. Les propositions défendues par Winny Yawo Dogbatsè mettent en lumière un enjeu central : donner aux communes les ressources et les capacités nécessaires pour traduire leurs engagements environnementaux en actions concrètes au bénéfice des populations.
