Soixante-six ans après l’établissement de leurs relations diplomatiques, Lomé et Moscou cherchent à donner une nouvelle ampleur à leur coopération. Les avancées institutionnelles, les échanges commerciaux et les perspectives ouvertes dans plusieurs secteurs dessinent les contours d’un partenariat dont les deux pays entendent élargir la portée.

Le volume des échanges commerciaux entre le Togo et la Russie a atteint 852 millions de dollars en 2025, selon les données communiquées par Vladimir Poutine, Président de la Fédération de Russie lors de sa rencontre avec Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil du Togo, à Moscou. Ce chiffre donne une indication de l’importance prise par les relations économiques entre les deux pays, alors que plusieurs secteurs restent identifiés comme des domaines de développement potentiel.
La coopération a notamment connu une évolution institutionnelle au cours de l’année 2026. L’ambassade de Russie à Lomé a repris ses activités en août, tandis que l’ouverture d’une représentation diplomatique togolaise à Moscou est en préparation. En septembre, l’accord interétatique sur les bases des relations entre les deux pays est entré en vigueur. Ces évolutions accompagnent la mise en place de mécanismes destinés à organiser et à suivre les engagements bilatéraux.

La commission intergouvernementale occupe une place centrale dans ce dispositif. Après le début de ses travaux en 2026, ses membres se sont rendus à Lomé en septembre. Cette mission a été suivie de la signature de sept mémorandums dans différents domaines de coopération. Faure Gnassingbé a souligné la rapidité avec laquelle les discussions engagées lors de sa précédente rencontre avec Vladimir Poutine, en novembre 2025, ont donné lieu à ces instruments. Leur portée dépendra désormais de leur mise en œuvre.
Les secteurs de l’énergie, des transports, de la logistique, de l’exploration géologique et de l’agriculture figurent parmi les axes dans lesquels Moscou souhaite donner un nouvel élan à la coopération. Ces domaines ouvrent des perspectives de collaboration économique et technique, même si les annonces disponibles ne précisent pas encore les projets opérationnels, les financements ou les calendriers associés aux sept mémorandums.

Le volet universitaire constitue un autre indicateur de l’ancienneté et de la continuité des relations. Selon Vladimir Poutine, plus de 900 Togolais ont effectué leurs études en Russie. Plus de 440 jeunes y poursuivent actuellement leur formation. Moscou a par ailleurs évoqué le projet d’ouverture à Lomé de deux maisons russes partenaires, sous l’égide du Centre de diplomatie publique, dans le prolongement des échanges culturels et éducatifs.
Lors de l’entretien, le président russe a salué l’attention accordée par les autorités togolaises à la coopération avec son pays, ainsi que leur soutien aux initiatives russes dans les enceintes internationales, notamment aux Nations unies. Faure Gnassingbé a, de son côté, remercié Vladimir Poutine pour l’accueil réservé à sa délégation et salué l’organisation du troisième sommet Russie-Afrique.
De l’établissement des relations diplomatiques en 1960 aux sept mémorandums signés en 2026, les deux pays disposent désormais de plusieurs instruments pour élargir leur coopération. La concrétisation des engagements dans les secteurs annoncés permettra de mesurer la portée économique et institutionnelle de cette nouvelle phase des relations entre Lomé et Moscou.
