Le Haut Conseil de Coordination des Associations et Mouvements Estudiantins (HaCAME) a lancé vendredi à l’Université de Lomé l’opération « Campus Propre ». Cette initiative coïncide avec la célébration de la Journée internationale des droits des femmes et place les étudiantes au cœur de la lutte contre les effets du changement climatique. Le thème retenu souligne leur contribution aux solutions locales face aux défis environnementaux.
L’organisation estudiantine a choisi d’agir directement sur le terrain face aux effets croissants du dérèglement climatique. L’université représente un espace stratégique pour impulser des transformations durables selon les responsables. Cette institution forme les élites de demain qui reproduiront ailleurs les bonnes pratiques acquises durant leurs études.
Piou Tchédré, président national du HaCAME, explique la genèse de cette démarche. « Nous avons constaté que le changement climatique a déjà des effets dans notre pays. Nous nous sommes donc demandé pourquoi ne pas faire les choses autrement en sensibilisant la communauté estudiantine », déclare-t-il. L’initiative vise à encourager les étudiantes à proposer des réponses concrètes aux problèmes environnementaux locaux.

Les jeunes filles jouent un rôle déterminant dans la diffusion des bonnes pratiques au sein de la société selon les organisateurs. « Pour arriver à un véritable changement, il faut impliquer les jeunes filles qui pourront vulgariser certaines solutions que nous proposons », souligne le président du HaCAME. Cette approche reconnaît leur capacité à transmettre les messages et à influencer les comportements dans leur entourage.
Le choix de l’Université de Lomé comme cadre de l’opération répond à une logique précise. « C’est ici que sont formées les élites de demain. Si les bonnes habitudes sont adoptées dès maintenant, elles pourront être reproduites ailleurs », ajoute Piou Tchédré. Le campus devient ainsi un laboratoire où se testent des solutions applicables dans d’autres établissements.
Un concours d’idées a été lancé deux semaines avant l’opération pour stimuler la créativité des étudiants. Cette compétition ouverte aux deux sexes met toutefois un accent particulier sur la participation féminine. Les propositions doivent apporter des réponses concrètes pour améliorer la salubrité du campus universitaire.

L’objectif consiste à retenir trois propositions capables d’apporter des solutions durables à la gestion des déchets. Les sachets plastiques qui jonchent le campus ternissent l’image de cet espace du savoir. « Quand on voit les sachets plastiques un peu partout, ce n’est pas une image digne d’un temple du savoir », déplore Piou Tchédré.
Le HaCAME entend inscrire cette initiative dans la durée au-delà de l’action ponctuelle de salubrité. L’organisation prévoit un suivi sur six mois avec des campagnes régulières de sensibilisation. Cette persistance vise à modifier durablement les comportements des étudiants dans leur rapport à l’environnement.
L’ambition affichée reste claire. Les responsables souhaitent parvenir à un campus quasiment débarrassé des plastiques. Les étudiants doivent adopter de meilleures pratiques en matière de gestion des déchets. Les autorités universitaires ont installé des bacs à ordures mais leur utilisation demeure insuffisante.
Cette situation s’explique en grande partie par un déficit de sensibilisation selon le HaCAME. « Les étudiants n’ont pas encore compris tout l’intérêt d’entretenir leur environnement. Or, un corps sain a besoin d’un environnement sain », rappelle le président de l’organisation. La prise de conscience conditionne le changement de pratiques.

Le Haut Conseil de Coordination des Associations et Mouvements Estudiantins existe depuis plus de trente ans. Cette structure défend traditionnellement les intérêts des étudiants sur le plan syndical. Elle mène également des actions sociales pour améliorer les conditions de vie et d’étude au sein de l’université.
L’édition 2026 de la Journée internationale des droits des femmes a été consacrée à la question environnementale. Ce choix démontre que l’engagement citoyen des étudiantes constitue un levier puissant pour bâtir un campus plus responsable. Les femmes portent souvent les projets de transformation sociale dans leurs communautés.
L’opération « Campus Propre » vise à amorcer une dynamique collective où chaque étudiant prend conscience de sa responsabilité. La préservation de l’environnement universitaire nécessite la participation de tous. Les gestes individuels produisent un impact collectif lorsqu’ils se multiplient.
Les initiateurs espèrent que cette démarche inspirera d’autres initiatives similaires dans les établissements d’enseignement supérieur du pays. La réplication de cette expérience amplifierait son impact sur la formation des jeunes générations. Les universités deviendraient des modèles de gestion environnementale responsable.
Les étudiantes togolaises montrent ainsi leur capacité à prendre en main les défis de leur époque. Leur implication dans les solutions climatiques locales préfigure leur rôle futur dans la société. La jeunesse universitaire dispose des connaissances et de l’énergie pour transformer les pratiques établies.
Cette mobilisation s’inscrit dans un mouvement global où les jeunes exigent des actions concrètes face à l’urgence climatique. Les campus deviennent des espaces de résistance contre les comportements destructeurs. Les étudiants construisent dès aujourd’hui le monde qu’ils souhaitent habiter demain.
@IKA
